Skip to content

N’y allez pas … c’est nul !

Alors que l’avion s’apprête à décoller, je prends conscience que, cette fois-ci, il me sera difficile de réapparaitre comme par magie dans ce petit port de pêche au milieu de l’Atlantique. Le bimoteur va m’arracher du bout du monde, sans l’espoir d’un sourire après un nouveau coup de théâtre.

Surtout, ne croit pas à une parenthèse de l’espace temps …

… et n’oublie jamais que leur réalité vaut bien la notre.

Excès de vitesse – P. Sol, L’île (Juillet 2011)

‘L’île’ se mérite d’abord par la sueur versée goutte à goutte sur les chemins de pierres aux forts dénivelés. Les habitants croisés s’affairent au soin des cultures en terrasse, colonisant la moindre terre accessible à flan de montagne.

Nos sourires sincères ouvrent de nombreuses portes mais cette rencontre inattendue sur la route de la corde nous offre à découvrir la vie d’ici sur un plateau. Cours de créole intensif et atrophie du sommeil. Il faut étirer le temps au maximum pour ne laisser perdre aucun instant. Le temps est compté.

Plus qu’accueillies, nous avons le sentiment d’être adoptées.

Mais comment parler de cette île, sans lui faire du mal, d’une façon ou d’une autre, sans générer l’attrait d’un voyageur qui lira ces lignes et en écrira d’autres pour les suivants ?

Voici donc quelques bonnes raisons de ne pas s’y rendre : rien de moins que 3 avions et 1 bateau pour arriver là. L’eau y est rare. Quand à l’eau chaude, c’est l’Arlésienne. A 80% d’humidité, la chaleur y est difficilement supportable. La mer est dangereuse et la montagne souvent perdue dans les nuages. Les Aluguers ont tendance à profiter des touristes. Les plages sont presque inexistantes.
A part marcher … peu de choses à faire.

Malgré tout, d’un coté ou de l’autre quelque chose changera.

Au beau milieu de la montagne, la jeune fille aux interminables jambes dorées respire l’ennui sur le pas de sa porte. Dans ses yeux, c’est de ma vie dont elle rêve. Suis-je plus responsable de son envie d’ailleurs par ma présence que la télévision ne l’est chaque jour ?

La rudesse du quotidien pousse, comme partout, à vouloir tellement mieux pour ses enfants. Les émigrants qui reviennent au pays, une fois l’an, reflètent une vie facile où posséder n’est plus un problème. Mais disent-ils l’entière vérité, sont-ils plus heureux loin de la morabeza ?

Malgré la beauté de l’endroit et cette sorte de douceur de vivre, la nouvelle génération reste donc suspendue aux lèvres d’une ambassade qui voudra bien leur octroyer un visa pour l’Espace Schengen.
Capsicum l’ayant été à moins … apporte donc sa modeste aide au dossier français.

Mais ce peuple est voyageur plus par nécessité que par goût.

Published inAir du TempsAu fil des jours...Cap VertEtat d'AmePhotographie

One Comment

  1. bulle bulle

    tu as bien raison, il ne faut que le tourisme tue leur naturel, mais par ton voyage, c’est un bel exemple pour na pas se laisser envahir par l’ennui.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Laisser ces deux champs tels quels :

Protégé par Invisible Defender. 5 361 spammeurs ont vu s'afficher une page d'erreur 403.

*
To prove you're a person (not a spam script), type the security word shown in the picture. Click on the picture to hear an audio file of the word.
Anti-spam image