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Tellement bu, Tellement fumé.

Désuet peut-être … mais Dassin a bercé mon enfance.
A 3 ans, j’enfournais ses 45 tours dans mon Mange-Disque. Plus tard, à Lyon, j’ai découvert quelques perles qui rendent l’icône plus réaliste …

Je ne me souviens même pas de la couleur de ses yeux,
Je crois bien qu’ils étaient bruns, je parie qu’ils étaient bleus.
Je me rappelle seulement que je l’ai aimée,
Tellement bu, tellement fumé.

dassin

Dans ma mémoire brouillard, je ne retrouve plus son prénom.
Dans mes idées fumées je fais à peine son brouillon.
Je ne sais plus ce qu’elle disait, sauf que j’y ai cru,
Tellement fumé, tellement bu.

L’oubli ça tient à quoi ?
Des glaçons dans un verre.
Un halo de tabac,
Dansant dans la lumière.
Ça tient à rien du tout, l’oubli,
C’est comme la vie.

Je revois vaguement un studio mal meublé.
Mais qui pourrait me dire la couleur du papier ?
Y avait sûrement un lit, puisqu’on s’est aimé,
Tellement bu, tellement fumé.

L’oubli ça tient à qui ?
Une inconnue qui passe.
Qui s’égare une nuit,
Au fond de mon impasse.
L’oubli ça tient à rien du tout,
Mais pas à nous.

Une fugue en Normandie, pour arroser le beau temps.
Un retour à Paris, je ne sais plus trop comment.
Sauf la vague impression que c’était foutu.
Tellement fumé, tellement bu.

Qu’est-ce que je suis con d’avoir déchiré sa photo.
J’aimerais bien la revoir, j’ai plus son numéro.
De toute façon je ne sais plus téléphoner.
Tellement bu, tellement fumé.

Joe Dassin

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