Virage à droite, virage à gauche, je me faufile à flan de montagne. Ma pensée est trop dense pour allumer la radio.
La conduite est machinale à travers la montagne. Le soleil, sur le point de disparaitre, pare les sommets de crêtes dorées, alors que je pèse cette rencontre avec Marie-Madeleine Peyronnet, qui fut la secrétaire particulière d’Alexandra David-Néel durant les 10 dernières années de sa vie.

3h durant, je m’imprègne de l’univers de cette exploratrice, pionnière de son époque et de la notre. Les sons forts du bouddhisme reviennent hantée ma tête … Il y a définitivement quelque chose à creuser de ce coté là.
A peine ai-je refermé le livre de Lanza Del Vasto, Principes et préceptes du retour à l’évidence (sous titré Éloge de la vie simple), issu d’une autre étape de mes périgrinations, qu’Alexandra David-Néel se fait nouvel échos de cette vie de dénuement permettant de faire le tri entre l’essentiel et le superflu, simple préface d’un long voyage spirituel. (Non, non, je ne suis pas encore bonne pour une secte !!)
Sur toutes les photos la représentant, le regard de la voyageuse est chargé d’une lumière fixe indéfinissable qui me dérange un peu.
– Rendez-vous compte qu’ils ont mis en pièce Dix ans avec Alexandra David-Néel, me confie Marie-Ma comme on l’appelle ici, l’auteur du livre.
Il s’agit de Alexandra David-Néel, Mon Tibet… une pièce de théâtre actuellement donnée au Petit Montparnasse à Paris, que Marie-Madeleine Peyronnet avait vue au bras de Priscilla Telmon.
Elle ajoute : – Hélène Vincent campe une très réaliste Alexandra, mais Emilie Dequenne est bien trop féminine et douce, cela représente mal les échanges de nos deux sacrés caractères.
– Je suis un peu déçue par les passages qui la font croire mythomane ou prise par la folie. Pensez donc, elle avait bien toute sa tête ! A sa mort elle avait encore en chantier 4 livres en même temps continue-t-elle d’expliquer.
– D’ici 5 ans tout le monde saura qui est Alexandra David Néel avec les livres et le film qui doivent sortir ! C’est quand même incroyable qu’elle soit plus connue à l’étranger qu’en France … s’insurge « Tortue »
Les drapeaux de « prière » multicolores … disons « mantra » plutôt … flottent au vent.

Au moment du départ, j’imprègne ma mémoire de cette photo de l’aventurière derrière sa si petite valise et son sac, seuls biens lui restant après avoir perdu 30 ans d’images et de films dans ses bagages. Un dernier voyage en chine supposé durer 18 mois et qui s’étira finalement sur 9 années à cause des guerres. Un voyage qui lui couta bien cher !
Une incroyable richesse qu’elle transmet dans ses livres !
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[…] l’impulsion, nous ne serions pas naturellement aller voir cette pièce … Cela aurait été vraiment dommage de manquer la magnifique prestation d’Hélène […]