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Adolphe Ferrière

Et sur les indications du diable, on créa l’école.
L’enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes.
L’enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eût aucun but.
Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile.
Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées.
Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau.
Il aime parler : on le contraignit au silence.
Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser.
Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite.
Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. (… )

 

Alors les enfants apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir.

Adolphe Ferrière, L’école active (1921)
Co-fondateur de la ligue internationale de l’éducation nouvelle.

Merci à Laetitia/Lilaé, Le Monde des Enfants.

Published inCitationEcolePédagogie

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