Je ne peux m’empêcher de sourire en songeant que les circonstances me donnent précisément l’idéal d’habitation que j’ai toujours rêvé pour un ménage : un jardin avec deux demeures. Très jeune, je trouvais déjà cette disposition la plus heureuse que l’on puisse imaginer, (…).
Oui, chacun sa case, la liberté ou, en plus subtile analyse, la possibilité de liberté, de la solitude, rendant plus agréables les heures passées ensemble, les faisant désirer et prolonger avec d’autant plus d’insistance qu’on ne les veut pas forcées, pas obligées. La case séparée qu’on range selon sa marotte, où l’on reçoit, à l’aise, qui bon vous semble, sans crainte de gêner ou d’ennuyer son compagnon de vie …
Quelle sage conception pour des tempéraments indépendants et combien elle donne de charme à la vie commune qui devient une source de joie, de plaisir, d’aide mutuelle, un repos et un réconfort de tous les instants en dépouillant ce que la présence continue et forcée l’un près de l’autre emprunte du bagne et de la chaine.
Alexandra David-Néel,
12 Octobre 1904,
Correspondance avec son mari (1904 – 1941)
Rassurez-vous, pas de message personnel ! Même si dans l’idéal …
Mais depuis le temps que Capsicum s’évertue à le dire : Le couple heureux vit, peut-être bien sur le même palier, mais sûrement pas dans le même appartement !
L’aventurière en faisait déjà état, il y a 108 ans.
Be First to Comment