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La Boudeuse 2010 – Journal de Bord n°10

Retrouvez Juan Montoya, ichtyologue sur La Boudeuse, qui nous conte dans le Journal de Bord n°10 la mission Lucifer que lui et son équipe ont menée dans la Réserve Biologique de Lucifer Dékou Dékou.

La topographie du terrain étant plutôt accidenté, il n’a pas été simple de monter tout le matériel nécessaire aux études et de pêcher dans les petites criques s’écoulant sur les deux versants du massif, pour une meilleure connaissance de la répartition des espèces.

Ils ont fait des rencontres passionnantes !

Sortait le 21 février 2010, un clip pour la protection des océans utilisant pour étendard le refrain d’une vieille chanson d’Antoine « Touchez pas à la mer ». Patrice Franceschi s’associe à la démarche en y faisant une apparition chantonnante, de son bateau.

Précédemment : La Boudeuse 2010 – Journal d’un “Mousse” n°2

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Journal de bord N° 010, Terre-Océan, 28-02-2010

Un fâmeux trois-mâts, La Voix du Nord, 26-02-2010
La région de A à Z, Lille, La Voix du Nord, 26-02-2010
Touchez pas à la mer – 89 célébrités ont dit « OUI », http://protectouroceans.org

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28 Février 2010

Journal de bord N° 010
(rapport de la mission Lucifer du 2 au 13 février 2010)
Par Juan Montoya
Ichtyologue

Le Massif Lucifer fait partie d’une réserve biologique gérée par l’ONF (Office National des Forêts), et son plateau est parcouru de petites criques rejoignant le bassin de la Mana, qui n’ont encore jamais été explorées du point de vue ichtyologique. Quelques inventaires réalisés en 2005 ont permis de découvrir une grenouille et un serpent non encore identifiés, laissant présager des belles découvertes pour les poissons et les insectes, organismes au coeur de nos problématiques scientifiques respectives.
Notre équipe « luciférienne » était composée de Romain Garrouste (entomologiste), Gérald Musereau (lieutenant mécanicien de La Boudeuse), Frédéric Lammens (photographe), Thomas Guéry (chef opérateur vidéo), Juan Montoya (ichtyologue) et Tamara Fischer (étudiante en Master et ichtyologue apprentie).
Nous avons tout d’abord été héliporté à Citron (profitant ainsi d’un tour de repérage), un camp minier situé au pied du fameux massif. Nous avons passé l’après-midi dans un carbet très accueillant à vérifier notre matériel de terrain et à organiser la mission avec les porteurs et le guide, un vieux monsieur brésilien connaissant bien la région.
Il s’agissait donc de grimper à flanc de massif environ 400 mètres de dénivelé, en emportant avec nous l’essentiel pour établir un campement en forêt, la nourriture pour cinq jours, et tout le matériel scientifique de pêche et de capture d’insectes. Après une bonne marche, nous nous sommes arrêtés sur un ancien site de campement de l’ONF, menant à un layon tracé il y a 5 ans, qui traverse le plateau d’ouest en est.
Nous sommes ainsi restés trois jours entiers à la recherche des petites criques de montagne s’écoulant sur les deux versants du massif, notre but étant de pêcher des deux côtés afin de pouvoir étudier la répartition des espèces de part et d’autre, ainsi que de trouver des cascades mentionnées par les chercheurs de l’ONF, qui pouvaient être un biotope intéressant à étudier.
Malgré nos efforts, nous n’avons pas pu atteindre les cascades situées trop loin de notre campement. Néanmoins, les résultats pour la partie ichtyologique sont très intéressants: nous avons trouvé plusieurs individus de l’espèce Rivulus igneus, qui est considérée comme une espèce pionnière, car ces poissons peuvent se déplacer facilement d’une flaque d’eau à l’autre et ainsi coloniser des criques fragmentées en saison sèche ou abandonner des endroits qui ne sont plus propices à leur survie. Un petit poisson-chat du genre Ituglanis, ressemblant à un dragon miniature, a été trouvé dans le crique coulant vers le sud. Nous avons également trouvé, des deux côtés de la montagne, des specimens du genre Hartiella, poisson rare trouvé uniquement dans les criques de montagne. Ces individus pourraient s’avérer être de bons indicateurs des lieux géographiques où la présence de l’eau aurait été continue au cours des derniers millions d’années.

Notre travail continue donc au laboratoire pour analyser les échantillons que nous avons ramené, notamment grâce aux outils de la génétique moléculaire, et compléter les données sur la diversité ichtyologique guyanaise.
Ce fut une expérience enrichissante, tant sur le plan scientifique que sur le plan de l’aventure, car nos recherches sur les poissons ne nous ont pas empêché de tomber sur d’autres représentants de la faune guyanaise: un caïman gris (Paleosuchus trigonatus), une grage petit carreau (Bothrops atrox), une tortue denticulée (Geochelone denticulata), un scorpion noir (Tityus cambridgei) et d’entendre au loin les bandes de singes hurleurs … et les rugissements du jaguar?.

http://archive-org-2014.com/open-archive/3538351/2014-01-15/http://la-boudeuse.org/journal-de-bord/journal-de-bord-n%c2%b0-010/

Published inTerre - Océan

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