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L’instinct de protection du clan.

Les hôpitaux, je connais bien pour les avoir fréquenté très jeune.

Assise dans cette chambre sombre au lit médicalisé, je pense à ma mère qui a vécu régulièrement cette attente : le retour du bloc.
Pour elle, c’était un enfant, pour moi, c’est Ange.

Maintenant que Petit Ginkgo est là, je mesure combien leur décision me concernant a du être difficile. Enfin, c’est un autre sujet.

Le temps s’égraine et il est plus tard que prévu. Que cela signifie-t-il ?

Bon présage ou mauvais ?

La grande silhouette du chirurgien finit par pousser la porte, je retiens ma respiration :

-Tout va bien, nous avons retiré de son poumon une nécrose, grosse comme un saucisson.
-Comment ? Et par quel biais, thoracotomie ou thoracoscopie ?
-J’ai réussi à atteindre le haut du poumon en évitant d’ouvrir les côtes. Vous êtes contentes ?
-Oui … Et il aura des séquelles avec ce que vous avez retiré ?
-Non, il semble que c’était un reste de Tuberculose. Il faut attendre les analyses.

Quelques temps plus tard, les infirmiers redescendent Ange du bloc, avec des sondes, des drains, des perfs et le branchent au monitoring. Il est dans le coltar, mais entame la conversation !

Je lui raconte ce que je sais, nous blaguons, et j’essaie de lui créer de bonnes conditions pour sa nuit.

Quelques heures plus tard, le chirurgien revient après sa troisième opération de la journée, vérifie les constantes et me dit :

-Vous devriez partir. De toute façon il ne se souviendra de rien demain matin !

A peine le chirurgien a-t-il fermé la porte que j’entends :

-N’importe quoi ! Je me souviendrai de toutes nos conversations ! N’importe quoi.

Nous prenons les parie …

Cette aventure a déjà trainé plusieurs mois.

Malgré les tests, les analyses, les prélèvements, les spécialistes ne cernent pas de quoi il souffre. La dernière alternative est la biopsie. Or au poumon, ce n’est pas anodin !

Je le pousse à prendre plusieurs avis.

La chirurgie est très respectable, mais nous n’avons qu’un corps et il serait dommage de l’altérer pour satisfaire la curiosité invasive de cette spécialité !

Ange a pris sa décision, je le soutiens donc.

Je m’engage dans cette épreuve par une étude approfondies de l’intervention, nombres de questions techniques au chirurgien, avant, pendant et après.

Même si le praticien gère des cas plus graves qu’Ange, je lui fais bien comprendre qu’il n’est pas question qu’il se contente du minimum pour quelque raison que ce soit. Il faut éviter, autant que possible, une thoracotomie, surtout que ce n’est pas dans un but curatif, mais diagnostique !

Jusqu’à la veille pendant la dernière visite pré-opératoire, j’aborde ce thème avec le ponte, qui a manifestement bien saisie le message.

Au réveil, le lendemain de l’opération, la morphine a fait son effet :

-Papa, je me souviens avoir parié avec Capsicum, mais je n’arrive pas à me souvenir de quoi !

Le chirurgien a fait de l’art. Merci 🙂

Published inAdversitéAu fil des jours...Le ClanSanté

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