» – Francés, tu ne peux pas aller comme ça, sans personne qui connaisse la ville. Chez moi, c’est petit, j’ai beaucoup d’enfants et pas beaucoup d’argent. Mais si ça ne te gène pas de dormir dans les bidonvilles, viens avec moi.
Qui es-tu, Pedro ?
C’est la première question qui me vient à l’esprit, comme un réflexe aiguisé par l’habitude de mille rencontres, toujours incertaines. Es-tu un misérable, intéressé par l’argent que tu espères tirer de ma personne ? Un voyou qui combine déjà quelque mauvais coup dans une ruelle obscure ? Un brave homme ? J’ai quelques secondes pour décider. Quelques secondes pour ne pas me tromper.
L’aventure, c’est aussi l’incertitude de ce genre de jugements instinctifs et obligés dont tout peut dépendre. Le proverbe dit qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Mais un visage, un regard portent en eux tant de choses.
Je pense que tu es un brave homme, Pedro.
– Allons-y, dis-je en souriant. »
Patrice Franceschi, La Folle Equipée (1987)
il a raison, je crois que le regard traduit quasi complètement le caractère, et trompe beaucoup moins que la parole……..tout du moins pour moi….