En fouillant les différents écrits de la toile concernant la Mongolie, je suis tombée sur ce blog Objectif Trek contant un voyage aussi dimensionné que celui que nous avons vécu. Et une de ses réflexions en particulier exprime complètement l’introspection avec laquelle je suis rentrée.
De quoi consolider et poursuivre la reflexion sur l’éducation rigide et peu éclairée que nous offrons à nos têtes blondes …
31 Juillet 2009
Le transmongolien en bruit de fond jusqu’au Gobi, un train d’un autre âge qui prend son temps et s’arrête à de magnifiques gares bariolées, toutes tenues par des femmes :

« D’un virtuel insipide, inodore et sans saveur, nous voilà revenus dans un réel qui donne le vertige tant il est démesuré, tant il donne la sensation d’exister.
L’ici est-il vraiment l’ailleurs ?
De vivre ici et maintenant, d’être dans l’acceptation sans être dans la soumission : saura-t-on appliquer cette philosophe à notre retour ?
Dans notre ici, leur ailleurs…
Un train intergénérationnel, interculturel, interminable.
Où la vie n’est pas aseptisée, où les odeurs ne dérangent pas, où il n’est pas interdit de téléphoner et où le bruit n’est pas perturbant, où les gens vont et viennent à leur guise dans les compartiments voisins, partagent de la nourriture, échangent leurs revues, se rencontrent loin de l’individualisme qui, inconsciemment, nous gouverne tant.
Et là, je m’interroge à nouveau en regardant ces enfants qui s’amusent sans entrave mais avec respect et compare leur vie avec celle que l’on offre aux nôtres.
Impact, enjeux, horaires, impératifs, réussite sont ce que nous leur inculquons (sous couvert du bonheur bien entendu…)
Leur offre-t-on les clés pour qu’ils se réalisent vraiment ? Leur donne-t-on la possibilité de construire leur propre puzzle ou tente-t-on, par procuration, de composer le nôtre que nous savons, inconsciemment parfois, imparfait, incomplet.
Pourront-ils, au moins une fois dans leur vie, se sentir Libres ?
A toutes ces questions, je n’ai pas de réponse, juste des bribes.
Insuffisant me direz-vous…
Certes !
Mais certains ne s’interrogent peut-être même pas.
Des expériences suffisamment intenses, bouleversantes, leur ont-elles déjà fait perdre certaines de leurs certitudes, perdre certains de leurs repères ?
Il en faut du courage pour se dire que le chemin à priori sans crevasse que l’on suit, que ce chemin relativement protégé, n’est finalement pas celui qui nous convient profondément.
Il en faut du courage pour se le dire…
Il faut de la force pour l’accepter…
Mais que faut-il pour en sortir ?
Pour outrepasser les barrières protectrices, pour refuser une vie confortable certes mais formatée car elle ne nous correspond pas, car elle ne nous correspond plus…
Courage ? Force ? Folie ? Passion ?
Je l’ignore…
Un peu de chaque certainement et d’autres atouts non encore découverts.
Là encore, il me manque des pièces…
Un train intergénérationnel, interculturel, interminable. »
par Goof
… Qu’ajouter de plus, sinon l’espoir de garder toujours à l’esprit :
Ne jamais rien se laisser imposer sans l’avoir voulu.
L’intime conviction que l’on peut choisir sa vie.
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