Notre génération n’a décidément rien inventé.
En 1969, Elia Kazan livre la complexité de la recherche du sens de la vie sous les traits de Kirk Douglas, Faye Dunaway et Deborah Kerr, d’après un roman fortement autobiographique.
Réussir sa vie se quantifie-t-il par l’aisance matérielle, la renommée ou l’image familiale parfaite ?
En tout cas, voilà le petit arrangement avec lui-même qu’Eddie Anderson s’était bâti jusqu’à ce qu’il rencontre la vérité en la personne de l’insaisissable Gwen.
Grâce aux flashbacks, le spectateur comprend le cheminement opéré jusqu’à l’accident de voiture après lequel les faux semblants tombent et qui marque la mutation des priorités de cet homme de 44 ans.
La passion n’est finalement qu’une excuse, qu’une voie menant à son passé, la clef, l’explication de ce qu’il est devenu mais méprise aujourd’hui.
J’aime la liberté qui émane de la camera de Kazan, la mise en valeur de l’absurdité des situations professionnelles et la balance systématique entre passion et raison.
Un chemin inconventionnel semble aberrant pour l’homme stéréotypé et pourtant le plus sage n’est pas celui qu’on croit …
Sorti il y a 44 ans, ce film est d’une modernité époustouflante autant par sa forme que par le sujet qu’il traite.
Aujourd’hui, plus besoin d’être à l’apogée de sa réussite professionnelle pour ressentir le malaise d’Evangelos, nous avons tous notre part de formatage ou de vaine quête, dont il n’est pas simple de s’affranchir.
Ne succomber ni à la facilité, ni à la résignation
pour être au lieu d’avoir.

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