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« On achève bien nos écoliers »

Il faut dire tout de suite que Capsicum n’a lu que des extraits de ce livre de Peter Gumbel, On achève bien nos écoliers, qui semble faire grand bruit.

Mais des extraits de ce genre m’interpèlent grandement …

Groumpf … encore un bouquin à lire !

« Toujours est-il que le système actuel d’éducation non seulement ne correspond pas à son image idéale, mais n’atteint pas non plus le même niveau de résultats que dans une grande partie de l’Europe et du monde développé. […]

Les élèves français préfèrent aussi ne pas répondre que de prendre le risque de faire une erreur. […]

La rigueur et la discipline intellectuelles sont bien sûr importantes, mais l’imagination et l’expérience également. La réticence des jeunes Français ne serait-ce qu’à tenter de répondre à une question est symptomatique d’un système où les enfants ont été conditionnés à « la fermer » plutôt qu’à exprimer ce qu’ils pensent, par peur de se tromper. Ce système promeut l’effacement de soi, le conformisme et l’obéissance aveugle au détriment du sens de l’initiative et de la curiosité intellectuelle. […] »

Aussi au détriment de cet essentiel « Esprit Critique » !!!


« Les chercheurs britanniques Black et William […] montrent que les remarques constructives sont plus utiles que de distribuer des notes. L’idée de comparer continuellement les élèves les uns avec les autres ne les aide pas à s’améliorer, mais au contraire renforce le sentiment d’échec parmi les moins bons, les persuadant qu’ils sont incapables d’apprendre. Les remarques doivent se concentrer sur ce que l’élève a bien fait et sur ce qu’il a besoin de travailler pour s’améliorer. En d’autres termes, l’élève est évalué par rapport à lui-même et non par rapport aux autres. »

Et ce contre quoi Capsicum a cessé de se battre post-bac,
comprenant finalement que si elle ne lâchait pas,
elle se ferait broyer par le système sans atteindre son objectif :

« Le fonctionnement de la prépa s’est avéré encore plus austère et éprouvant que je l’avais imaginé. On prend un groupe de jeunes gens particulièrement brillants, on les enferme ensemble à l’écart du monde pendant deux ou trois ans et on les pousse au bout de leurs limites. Si vous survivez, vous en sortez renforcé et vous vous identifiez avec les systèmes en dépit des épreuves subies. Si l’on était cynique, on pourrait décrire ce processus comme une forme du syndrome de Stockholm, au cours duquel les otages en viennent à s’identifier à leurs ravisseurs.

[…] Dans les pays anglo-saxons, les facultés intellectuelles sont importantes, mais ne sont pas tout. La personnalité, la coopération, les centres d’intérêt et les expériences personnelles qui contribuent à former le caractère sont tout aussi importants. Alors que les étudiants français les plus brillants sont coupés du monde, beaucoup de leurs contemporains britanniques ou américains partent découvrir le monde en prenant une année sabbatique à l’étranger, entre le lycée et l’Université. Cela leur permet de gagner en maturité dans d’autres domaines que la connaissance purement intellectuelle –et de prendre du bon temps. […]

L’une des questions les plus importantes est de savoir si les écoles ne devraient pas accorder moins d’importance aux performances académiques et laisser plus de place à d’autres éléments comme l’épanouissement individuel, le développement de la créativité ou le renforcement de la confiance en soi. Ceci risque de provoquer chez les traditionalistes français une crise d’apoplexie, mais dans de nombreux autres pays, les réussites non académiques représentent des objectifs éducatifs légitimes.

[…] l’une des grandes découvertes de la psychologie moderne est que le bonheur est un ingrédient clef d’un apprentissage réussi. Si vous appréciez ce que vous apprenez, cela vous stimule, et déclenche un cercle vertueux. »

Quoiqu’il en soit, le fait même qu’un tel livre sorte en librairie, que des parents se forment sérieusement à des pédagogies alternatives, etc, montrent une volonté grandissante de ne plus se contenter d’une éducation nationale  essentielle mais sclérosée.

Il faut que les parents fassent leur affaire de ce qui se passe en classe.

Comparé à beaucoup, Capsicum a eu une énorme chance dans sa scolarité … celle de rencontrer de formidables profs !

*************

L’école casse-t-elle nos enfants?, tempsreel.nouvelobs.com, 02-09-2010
Vous avez interviewé Peter Gumbel, auteur de «On achève bien les écoliers», www.20minutes.fr, 07-09-2010

Published inEcoleLivre

3 Comments

  1. Tu as raison pour la sociabilité, mais il faut bien viser pour les écoles, collèges…. C’est vrai qu’il existe des enseignants compétents et dévoués, qui en plus ont l’esprit ouvert, mais il faut reconnaitre que ce n’est pas la majorité. Je me suis fait ‘sortir’ par mes collègues de mon poste de maître de conférences, parce qu’ils ne comprenaient pas que je puisse mettre 18 à une copie, quand je trouvais que je ne pouvais pas faire bcp mieux!

  2. Les mécanismes sont distillés depuis la maternelle …

    C’est pourquoi, je ne peux m’empêcher de penser que c’est maintenant qu’il faut faire toucher du doigt, à Petit Ginkgo, sa propre personnalité … d’où l’instruction en famille dans son jeune âge.

    A 6 ans, il aura un énorme besoin de ses camarades et donc de l’école. Il sera alors peut-être suffisamment encré en lui même pour subir moins de dégâts.

    On observe une émergence de plus en plus forte des écoles aux pédagogies alternatives.
    Il n’y a pas que du bien, certes. Mais au moins, certains parents ne sont plus résignés à faire subir le système à leurs enfants.

    Les mentalités changent. Aux parents de se battre pour une école républicaine éclairée.
    Trop souvent, ils s’en remettent à l’EN comme à une religion. Qu’ils fassent entendre leur voix, car j’ai rencontré des enseignants prêts à sortir du carcan.

    Et puis, à partir du CP, j’ai l’incroyable espoir que Petit Ginkgo tombe sur des instits aussi dévoués à leur travail que ceux qui m’ont accompagnés.

  3. J’espère que quand Petit Ginkgo aura 6 ans il aura droit à l’école à la maison;
    ancienne de l’E.N. je ne peux dire que « ça ne va pas s’arranger, et il faut voir comme c’est déjà »
    L’école est devenu un lieu à formater ou à détruire. Le choix est mince, et il faut bien admettre que les deux quelque part reviennent au même…

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