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Operación E

Miguel Courtois Paternina signe un long métrage centré sur José Cristano, le paysan colombien à qui les FARC avaient confié Emmanuel, le fils de Clara Rojas, né le 20 juin 2004 alors que sa mère était leur otage.

José Crisanto Gomez et sa famille se retrouvent alors impliqués dans une histoire instable entre le gouvernement colombien, la guérilla et le président vénézuélien Hugo Chavez, qui pourrait bien leur coûter la vie. Cependant sans cet homme, l’enfant n’aurait probablement pas survécu.

Un début de vie mouvementé pour Emmanuel ( 😉 )qui devient un enjeu de taille dans cet imbroglio politique.

Sorti hier en VOST dans les salles françaises.

Cette histoire parle moins d’Emmanuel que des dommages collatéraux que cette histoire a engendrés ?

Comment un enfant se construit-il affectivement
à partir de telles 4 premières années de vie ?

A lire aussi : Libre … enfin ! et Captive

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Un bébé chez les Farc, www.lepoint.fr, 27-11-2012

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L’itinéraire reconstitué d’Emmanuel, fils de Clara Rojas, www.liberation.fr, 11 janvier 2008

par ARMENGAUD Jean-Hébert

Né en captivité, l’enfant a été enlevé à sa mère otage pour être remis en 2005 à un paysan colombien.

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Emmanuel – à moins que ce ne soit Juan David, selon l’état civil – devrait retrouver sa mère, Clara Rojas, dans les jours qui viennent. Mais «l’enfant otage» colombien est toujours retenu dans un lieu «hautement secret», selon les autorités de Bogotá. Des informations publiées par la presse colombienne permettent cependant d’en savoir un peu plus sur les premières années de la vie de cet enfant de 3 ans et demi. Emmanuel est le fils de Clara Rojas, enlevée par les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) en février 2002 avec la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. Le père est l’un de ses geôliers, un guérillero dont on ne sait rien, sinon qu’il s’appelle sans doute Juan David.

Promesse. Le 18 décembre (2007), les Farc promettent au président vénézuélien Hugo Chavez, dont elles se sentent proches politiquement, de libérer unilatéralement trois de leurs otages, comme un «geste» de remerciement pour ses tentatives de médiation dans le dossier colombien : Emmanuel, sa mère Clara Rojas, ainsi que l’ex-députée Consuelo González de Perdomo. Coup de théâtre le 31 décembre : le président colombien Alvaro Uribe annonce que la guérilla «ment» et qu’elle serait bien en peine de libérer le petit Emmanuel puisque celui-ci est à Bogotá, dans un orphelinat de l’ICBF (Institut colombien du bien-être familial), les services sociaux de l’Etat.

Trois jours avant ce 31 décembre (2007), les services secrets militaires colombiens ont intercepté une communication entre deux membres des Farc, dont l’un de ses principaux chefs, «Jerónimo»: «Il faut récupérer l’enfant à Bogotá. L’autre marchandise [Clara Rojas et Consuelo González de Perdomo, ndlr] est déjà à la frontière [avec le Venezuela].» Mais les Farc ne parviendront jamais à reprendre l’enfant à l’orphelinat de Bogotá, malgré une tentative ratée à l’aide de faux papiers, à travers un intermédiaire. La guérilla n’a réussi qu’à mettre la puce à l’oreille des militaires, qui enquêtent rapidement, épluchent des centaines de dossiers d’orphelins et mettent la main sur Emmanuel en ces derniers jours de 2007.

«Tout a commencé en janvier 2005», a raconté aux services secrets colombiens l’homme-clé de cette affaire, celui qui a élevé Emmanuel. Une confession qui a filtré dans l’hebdomadaire Semana. José Crisanto Gómez est paysan et maçon, survit de petits boulots, notamment de feuilles de coca, dans le hameau de La Paz, commune d’El Retorno, sur les rives du rio Inirida, dans la région reculée, tropicale, du Guaviare, à quelque 400 km au sud-est de Bogotá. C’est à lui que les Farc confient en janvier 2005 le petit Emmanuel alors qu’il n’a que quelques mois, sans rien lui dire de son identité, de Clara Rojas: «Ils sont arrivés par le rio, sur une pirogue, ils m’ont laissé l’enfant. Ils m’ont dit qu’il fallait l’appeler Juan David, le nom de son père guérillero. Ils me le laissaient pour que je le fasse soigner: mon beau-père est connu dans la zone pour être « curandero » (soigneur).»

Bras facturé. Emmanuel souffre alors de leishmaniose (une infection cutanée provoquée par un insecte) au visage et a un bras fracturé. Quels sont les liens exacts de José Crisanto Gómez avec les Farc ? Mystère. En tout cas, sous un mélange de menaces et de promesses d’aide matérielle (qui ne viendra jamais), sa femme et lui recueillent l’enfant. A l’époque, ils en ont déjà cinq – sept aujourd’hui. En juin 2005, José Crisanto Gómez se décide à emmener le petit au centre de santé d’El Retorno, puis à l’hôpital de la capitale du département, San José del Guaviare. Outre la leishmaniose et une fracture de l’humérus, l’enfant souffrait aussi de paludisme et de malnutrition, témoignera une infirmière. Les services sociaux de l’ICBF, qui soupçonnent de «mauvais trai tements chroniques», retirent alors la garde de l’enfant à José Crisanto Gómez, qui s’est présenté comme un simple «grand-oncle» et affirme que la mère a disparu et que le père est inconnu.

L’enfant est alors déclaré à l’état civil : né le 20 juillet 2004, de nom Juan David Gómez. Puis il est transféré à Bogotá. Mais le «grand-oncle» ne dit rien aux Farc : «Je leur ai toujours menti. Je leur ai vaguement dit que l’enfant était chez une de mes sœurs à Bogotá et qu’il allait très bien.» Puis, «il y a trois mois, le commandant « Jerónimo » m’a fait savoir que si je ne le retrouvais pas rapidement, c’est toute ma famille qui en paierait le prix.»

Fuite. Selon son témoignage, José Crisanto Gómez aurait déjà eu quelques soucis avec les Farc. En 2005, un commandant des Farc voulait emmener mon fils aîné de huit ans à des « réunions ». Je leur ai dit franchement que je ne voulais pas de leurs histoires de psychologie et d’idéologie. Que mon fils déciderait lui-même, quand il aurait 18 ans et aurait l’âge de raison».

Fin décembre, face à la pression et aux menaces des Farc pour retrouver Emmanuel, José Crisanto Gómez a finalement fui avec toute sa famille à Bogotá, où il a été placé sous le programme spécial de protection des témoins. Le parquet général de Bogotá veut aussi faire passer les tests ADN à toute la famille, pour tenter de savoir si certains des gamins ne seraient pas d’autres «enfants donnés» de la guérilla.

Published inMétrage

One Comment

  1. Je viens de découvrir que Clara Rojas souhaitait interdire la diffusion de ce film franco-espagnole en Colombie, affirmant que cette œuvre ne correspondait pas à la réalité et que c’était une atteinte aux droits des mineurs.

    D’autres affirment que c’est parce qu’elle négociait les droits de leur histoire vécue avec une autre production.

    Ex-otage des Farc, Clara Rojas s’oppose à la sortie d’un film sur son fils, http://www.courrierinternational.com, 18 janvier 2013

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