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Mon petit Chéri d’Amour

13/09/2016

A la question qui revient tout le temps en ce moment :

« As-tu repris le travail ? »

Je me demande pourquoi une réponse affirmative les rassurerait sur ma santé mentale avant de répondre « J’attends que Petit Biloba soit apte à faire une journée entière à l’école, cantine comprise ! ».

Immanquablement, leur regard interrogateur en dit long sur le gouffre qui sépare ces interlocuteurs de mes préoccupations quotidiennes.

Et oui, bien qu’Ingénieur, également titulaire d’un Master en Intelligence Stratégique, Innovation et Veille, voilà 5 ans et demi que je m’occupe de ma petite famille !

Loin de moi le prosélytisme faisant l’apologie de la House Wife du 21ème siècle. Mon tempérament de femme active et indépendante en a pris du plomb dans l’aile.

fall-tree
Fall Tree Glass Painting par MJLong (deviantART)

Mais j’estime qu’avoir le luxe du choix ‘Travail vs Enfant’ vaut bien les quelques dizaines de k-euros annuels que je ne touche plus.

Un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps.

Mais pourquoi me consacrer ainsi à mes enfants ?

Parce qu’à la naissance de l’ainé Ginkgo (aujourd’hui 9 ans et 7 mois) je me suis rendu compte d’un non sens : pourquoi faire des enfants si c’est pour les faire élever par des étrangers ?

Après 1 an de découvertes sur le développement du petit d’humain et rassurée par l’autonomie physique et affective de l’enfant, j’ai repris le chemin du labo. Passionnée par la psychologie infantile, j’ai vite compris que son équilibre passait par la découverte du monde, ses relations amicales et quelques petits défis personnels.

Sur notre lancée d’apprenti-parent, son frère Petit Biloba (4 ans et 1 mois) a apporté un challenge supplémentaire :

Comment lui insuffler équilibre émotionnel et confiance en l’humain ?

C’est donc avec une grande joie que j’ai envie de vous parler de ce petit dernier et de l’affection débordante dont il nous gratifie chaque jour …

Quand il me prend si fort contre lui avec cet amour débordant, il m’arrive de repenser à ces nuits interminables où rien n’apaisait le nourrisson et durant lesquelles l’incompréhension, la culpabilité et la fatigue rongeait mon équilibre mental en voyant souffrir cet enfant.

pieds
Danielle MacInnes

Sa confiance en nous s’est enfin et vraiment installée !

1- Petit Biloba est tellement attentionné et serviable qu’il adore mettre le couvert ou spontanément aller nous chercher nos chaussures. Si vous vous cognez le genoux sur une foutue table basse mal placée, il sera là pour vous faire un bisous. Quand il croise un bébé dans les couloirs de l’école, il s’arrête pour lui caresser tendrement la joue.

Jamais il ne se couche sans nous gratifier d’un « Je t’aime ‘ormément ».

2- D’ailleurs vous ne pouvez vous rendre compte de l’incroyable victoire du coucher !

L’enfant avec qui nous devions passer parfois des heures pour qu’il accepte de se laisser aller à fermer les yeux est aujourd’hui capable d’attendre « le train du marchand de sable » (selon sa propre expression) tranquillement dans son lit, avec une pile de bouquins.

Je me souviens encore de cette nuit de folie avant qu’il ait 1 an où assise sur le canapé avec son père, tous deux exténués, nous affirmions que cela ne pouvait plus durer. S’en suivit une sorte de réunion de travail utilisant nos compétences professionnelles pour l’ingénierie familiale en évaluant le problème, les causes réelles, les solutions potentielles et le plan projet en découlant.

3- Et je ne vous parle pas des éloges des Mamies sur son bel appétit, portées par le souvenir de ce bébé petit mangeur et chafouin devant la nourriture.

La nourriture n’est pas resté longtemps un moyen de communication ou d’expression de son mal être.

4- Qui le connait peut légitimement se demander s’il est énergisé par une bonne dizaine des piles du petit lapin au tambour.

lapin2

5- Dès ses premiers pas à l’école, j’ai vite compris qu’il avait besoin d’un instant particulier, le matin au réveil, réservé au remplissage de son réservoir d’amour, de sérénité, d’affection.

Jour après jour, le voila nourrit de confiance pour prendre la vie à bras le corps.

6- Petit Biloba est un petit blagueur de l’absurde.
Avec son sourire malicieux, il aime aussi vous dire une sottise anodine, juste pour voir votre réaction.

Et même s’il se chamaille encore parfois avec son grand frère, devenu un dieu vivant qu’il aime copier par tous les moyens et sous tous les angles, l’ambiance du Phare s’est considérablement bonifiée.

Petit Biloba est un enfant enjoué, se posant des milliers de questions qu’il tente souvent de résoudre par l’expérience … Les anciens appellent ça plutôt des bêtises.

Mais ce qui me réjouit tellement, c’est qu’il semble avoir trouvé l’apaisement parmi nous.

7- Notre petit Taz est attentionné, communiquant, souriant, plutôt obéissant.

Oui, j’ose le dire, sans peur que la magie s’amenuise.

L’enfant est plus calme. Il explique ce qui le dérange plutôt que de partir dans des crises incontrôlables qu’il nous fallait contenir physiquement, tellement les émotions déferlaient sur son jeune cerveau immature.

Après chaque crise, j’étais vidée tout comme lui.

Aujourd’hui, nous prenons le temps de voir se profiler le malaise avant qu’il ne prenne de l’ampleur. Car c’est d’autant plus facile d’éteindre l’embrasement quand on sait où réside la source de l’incendie. Il suffit souvent de formuler par la parole ce qui l’a gêné pour que la colère se dégonfle dans l’oeuf.

Une belle pratique d’écoute active … et ça marche.

8- Ainsi, il apprend depuis plusieurs mois à reconnaitre ses émotions fondamentales (colère, dégout, sérénité, joie, tristesse et peur) au moment où elles se profilent.

On se croirait tous les jours dans un remake de Vice-Versa

vice-versa

9- Mais alors … si tout va si bien … pourquoi ne pas reprendre une vie professionnelle ?

Parce que l’école et ses règles est encore un gros point noir pour Petit Biloba.

C’est d’ailleurs pour rassurer les maîtresses que Petit Biloba a rencontré une psychologue (formée à la douance).

Par un petit effet de pensée divergente, je me disais que ça l’aiderait à supporter les pressions normatives de l’école sous contrat avec l’Etat, même portée par la pédagogie Montessori.

La psychologue nous a d’ailleurs confortés sur la bonne voie de notre approche parentale.

Et ça, ça fait un bien fou à entendre.

En Petite Section de maternelle, Petit Biloba avait débuté avec des bousculades, des morsures, le cri qui tue quand il était contrarié, des récréations sans filtre aussi dangereuses pour les autres que pour lui et deux maitresses se relayant chaque heure pour le canaliser en le nourrissant d’attention et de matériel.

Les efforts des enseignants ont permis à Petit Biloba de s’intégrer à la classe, de limiter son agressivité et aux maitresses de lui laisser de l’autonomie. La Petite Section de maternelle s’est donc terminée sur une note positive.

L’été a été une bulle de bien-être, en découvrant un enfant vraiment paisible, s’exprimant avec plus de fluidité, toujours curieux, beaucoup plus résistant à la frustration, enjoué et respectueux de ses congénères.

nuage

J’imaginais donc que cette augure lui permettrait de débuter sereinement la Moyenne Section.

Pourtant depuis la rentrée, je tends le dos dès que je vais le chercher à l’école.

Systématiquement, la sortie de l’enfant est accompagnée d’une réflexion affligée de la maitresse sur son comportement vis à vis des autres ou face aux règles non respectées de la classe.

Chaque jour, je collecte cependant les indices me permettant de décrypter les raisons d’un tel comportement à l’école. Un midi, j’en obtiens quelques uns très révélateurs :

  • A la question « Que venez-vous faire à l’école ? » posée aux enfants à la rentrée, Petit Biloba répond « Je viens pour PAS travailler mais pour voir et jouer avec les copains ! »
  • Parfois dans la classe, il ouvre le tiroir contenant les ciseaux et il les déplace ailleurs, juste comme ça.

Sans aucunement accabler les enseignantes car elles ont quand même 28 enfants de 3 à 6 ans à contenter et à écouter, mais grâce à ces petits morceaux de puzzle, je découvre le tableau d’un petit gars finalement très cohérent. Suffit de décrypter …

Que de chemin parcouru depuis l’année précédente :

  • Il n’effraie plus les enfants de la classe qui sont même devenus des amis et ça lui donne une excellente raison de venir à l’école. C’est ainsi que sa maitresse pourtant catastrophiste d’habitude finit par reconnaitre que le comportement de Petit Biloba n’a rien à voir avec l’année dernière. Il a en effet beaucoup évolué en relation avec les autres.
  • Mais cet enfant s’ennuie incontestablement et trouve soit à mettre à profit son imagination, soit à attirer l’attention d’une manière ou d’une autre.

Pour exemple, l’autre jour, c’est une histoire de petit cœur vert plastifié le rendant particulièrement instable à la sortie de l’école qui met à jour une profonde incompréhension entre sa maitresse ‘Catastrophiste’ et lui.

Une petit fille lui avait donné ce cœur en lui disant qu’elle l’avait fait pour lui alors que cela faisait parti des décorations des pots de fleurs de la classe.

Comment voulez-vous qu’il ne ressente pas un fort sentiment d’injustice quand la maitresse décide de ne pas lui rendre, sans explication ? Des explications qu’elle élude pour aller plus vite alors qu’en prenant le temps de lui expliquer, cette maitresse gagnerait du temps grâce à la confiance et à la bonne volonté de l’enfant.

CONCLUSION

Petit Biloba a fait du chemin mais un environnement pétri de bienveillance est encore nécessaire pour lui permettre de continuer à progresser émotionnellement et relationnellement.

Un travail de fond journalier, pétri de tant d’efforts révèle aujourd’hui, un enfant craquant, bien mieux dans sa peau et montrant un très beau potentiel d’humanité et d’intellect.

Relation PARENTS – ENSEIGNANTS

Malgré les formations suivies sur l’éducation (Montessori, Discipline Positive, etc), mes recherches sur la pédagogie, les neuro-sciences et tout le soin que je mets à coopérer avec les maitresses, le fait d’être parent me rend malgré tout, illégitime à proposer des aménagements, aux yeux des enseignants.

Ainsi puisque le parent a finalement peu de poids auprès des instits, j’ai proposé que la psychologue qui suit Petit Biloba depuis quelques mois rencontre les maîtresses afin qu’elles puissent exprimer leurs difficultés en toute liberté et qu’elles obtiennent quelques clefs.

Objectif : éviter à l’incompréhension de s’installer tout au long de l’année.

J’ai hâte.

maternelle

Ajout du 18/10/2016 : Alors que les maitresses se montraient ravies de cette possibilité, elles ont mis plus de 2 semaines à contacter la psychologue puis 10 jours de plus pour trouver une date.

J’en déduis qu’elles ne devaient pas avoir tant de difficultés avec Petit Biloba pour mépriser ainsi l’outil proposé.

Je suis fatiguée d’entendre tous les soirs et surtout devant Petit Biloba, ce qui s’est mal passé dans l’après-midi. J’aimerais qu’elles le félicitent un peu plus sur ses réussites et progrès afin d’amorcer une dynamique plus vertueuse.

D’autant qu’au cours de la réunion parents-profs générale, la fameuse Maitresse ‘Catastrophiste’ en décrivant les difficultés qu’elle rencontre avec les enfants de Moyenne Section, cite exactement … ce qu’elle me distille tous les soirs, à propos de Petit Biloba.

Je commence donc à douter que le problème vienne uniquement de mon fils, sachant en toute honnêteté, combien il est facile à vivre à la maison, au judo et à la gym.

C’est une rencontre entre une personnalité (Petit Biloba) et un environnement (Ecole).

Et puis j’en ai raz le bol de toutes ces palabres <- Maitresse <-> Parents <-> Psychologue -> qui ne mènent à aucune action concrète en classe, depuis le début d’année.

Et alors que parmi nous, il est parfaitement ‘normal’, autant qu’on puisse définir ‘la normalité’. Et d’autant plus en tant que zèbre.

Serait-il possible de se mettre au niveau de cet enfant de 4 ans ?

Par exemple : travailler sur la résolution de conflit grâce à la Communication Non Violente ferait surement beaucoup de bien à bon nombre d’enfants de la classe.

Vous comprendrez donc que je patiente pour amorcer la suite de mon épanouissement professionnel, le temps que Petit Biloba poursuive son cheminement vers la gestion émotionnelle autonome.

A la vue de sa régulière et positive évolution, je lui fais confiance pour trouver comment s’adapter à cet environnement bien qu’il ne le comprenne pas encore complètement.

Et puis, le laisser (une nouvelle fois) entre les mains d’une nounou maladroite (voire malveillante) pour quelques demi-journées et/ou sorties d’école, lui serait sans doute encore dommageable au regard des efforts déjà engagés.

Patience est mère de toutes les vertus.

Ajout du 20/10/2016 : A croire que maitresse ‘Catastrophiste’ lit le blog pour en venir à relire le bilan psychomètrique de Petit Biloba durant sa soirée. Elle l’encourage même dans de nouvelles activités (géographie, couture, etc) qu’il est fier de partager avec nous.

Cet enfant est quand même bien entouré.

Je ne dois pas oublier que les maitresses font de leur mieux.

Published inAu fil des jours...EcoleFratrieGarde d'enfantLe ClanMaternageMaternitéPortraitZèbre - Douance - HPI

2 Comments

  1. bulle bulle

    Il faut surtout avoir une très bonne santé mentale pour décider de privilégier ses enfants les premières années de leur vie, mais je pense que c’est essentiel pour leur permettre de découvrir le monde avec confiance et assurance.
    Je me souviens la fille d’une amie, chef d’entreprise qui avait dit à sa maman : « il faut que je te laisse un bout de papier sur ton bureau puisque tu n’as pas le temps de me parler……. »
    Le résultat adulte n’a pas été génial
    pourquoi faire des enfants si nous ne prenons pas le temps de les aider à grandir, c’est à dire remplir le rôle de parents……….

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