Combien je peste contre ces rédactions qui ne font que copier/coller l’AFP, combien je suis affligée par l’approximation dont font de plus en plus preuve les journalistes, combien je refuse d’acheter certains magasines vendant du sensationnel car c’est le lecteur qui décide de l’offre qu’on lui présente, combien j’exècre le 20h qui trouve que l’information a mettre en avant est la réformette des retraites alors que l’actualité internationale est brulante …
A Alep, en avril 2013 (©MUSTAFA ALI / SIPA)
… Francesca Borri, journaliste freelance italienne, explique ici ce qu’est devenu l’information de masse :
Lettre d’une pigiste perdue dans l’enfer syrien, bibliobs.nouvelobs.com, 09-08-2013
« (…) La vérité, c’est que nous sommes des ratés. Deux ans que ça dure et nos lecteurs se rappellent à peine où se situe Damas, le monde entier qualifie ce qui se passe en Syrie de «pagaille» parce que personne ne comprend rien à la Syrie – hormis le sang, encore le sang, toujours le sang. Et c’est pour cette raison que les Syriens ne nous supportent plus maintenant. Parce que nous montrons au monde entier des photos comme celle de cet enfant de sept ans avec une cigarette et une kalachnikov. Il est clair que cette photo est une mise en scène mais elle a été publiée dans les journaux et sur les sites web du monde entier en mars et tout le monde criait: «Ces Syriens, ces Arabes, quels barbares !»
Lorsque je suis arrivée ici la première fois, les Syriens venaient vers moi et me disaient: «Merci de montrer au monde les crimes du gouvernement.» Aujourd’hui, un homme est venu vers moi ; il m’a dit: «Honte à vous.» (…) »
La logique de consommation a encore frappé.

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