Lorsque je repars le 28 février (1987), c’est sans le moindre enthousiasme. Il a été tué peu à peu, par des centaines d’ennemis inconnus, pour lesquels je n’avais nulle inimitié, et dont je ne comprenais ni l’étroitesse d’esprit ni la mauvaise volonté, mais qui s’acharnaient sur moi sans répit.
Les centaines d’amis rencontrés n’ont pu les faire oublier. Je vais achever l’entreprise que je m’étais fixée, mais sans la joie qui aurait dû être la mienne.
J’avais choisi ce tour du monde pour l’épreuve qu’il représentait, sa grandeur et les enseignements qu’il pouvait apporter. Il m’a fait découvrir, comme aucune autre aventure auparavant, la dimension de la bêtise, que celle-ci n’avait pas de limite et que l’intelligence était la chose la moins partagée du monde.
Les livres le disaient, je l’avais deviné souvent, maintenant je le sais. Bientôt, ce long périple se terminera.
Patrice Franceschi, La Folle Equipée (1987)
Comme un écho …
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