Il y a des pollutions chimiques : elles contaminent les aliments, l’air, l’eau.
Et des pollutions psychiques, qui contaminent notre esprit, violent notre intimité, perturbent notre stabilité intérieur. Slogans, publicités et autres manipulations commerciales : il existe de nombreuses études sur ce matérialisme psychotoxique, dont on sait qu’il provoque beaucoup de dégâts variés.
Par exemple, des vols d’attention, de conscience et d’intériorité. Dans quel état finit notre esprit, à force de vols d’attention ? Car notre attention est sans cesse captée, attirée, et finalement fragmentée, segmentée. Elle finit par devenir ‘accro’ au bruyant, au clinquant, au facile, au prédigéré, au prépensé.
Dans quel état finit notre esprit, à force de vols de conscience ? Notre mental est encombré de pensées, de démarches et de contenus inutiles : lire les publicités que nous croisons, faire des choix de consommation entre le ‘moins cher’ et le ‘encore moins cher’, dépenser beaucoup d’énergie à rechercher ‘la bonne affaire’, être gavé d’informations qui tournent en boucle et se répètent d’un jour à l’autre.
Dans quel état finit notre esprit, à force de vols d’intériorité ?
Nous sommes submergés par de plus en plus d’attractions externes et de distractions. Activités creuses de remplissage mental et comportemental. Or, comme il faut des silences pour que la parole se fasse entendre, il faut de l’espace mental pour que la conscience et l’intériorité émergent. Le disque dur de notre conscience est encombré de trop de choses inutiles.
(…)
La pleine conscience nous aide à prendre conscience de ces pollutions cachées de nos esprits. Et à nous en protéger : elle nous permet de restaurer nos capacités d’introspection, et de nous reconnecter à nous-mêmes. Au lieu de toujours vivre sous perfusion d’injonctions, de distractions, d’activations extérieures.
Méditer, jour après jour (Editions L’Iconoclaste 2011, page 135),
Christophe André

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