Accoudée à la balustrade, blottie contre la nuit, je contemple les toits et les lumières de Lyon. Elles n’ont pas changé, pourtant rien n’est pareil à cette première année de libre jeunesse. Depuis mon retour, je me suis habituée à la froideur des gens d’ici. Le phare me permet de voler au dessus de la ville pour rêver des montagnes au-delà, visibles de jour.
J’imagine cette jeune bordelaise de 18 ans, envoyée à Lyon, travailler pour un médecin, boulevard des Belges. A l’aube des années 40, elle n’y eu pas la vie facile.
Était-elle aussi curieuse de la vie que je l’étais à son âge ? S’était-elle fait des amis ? Un an plus tard, est-elle partie de Lyon, fière mais en larme ? Une chose est sûre, elle n’avait rien à faire de ces fadaises.
Elle, elle cherchait simplement à manger à sa faim …
… ma grand-mère.

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