Je reste au bord du fleuve, les chauve-souris me taquinent et ricochent dans la nuit. Je repense à une petite conversation que nous avions eue. Nous parlions des femmes. Sujet inépuisable et si mystérieux pour toi, pour moi aussi d’ailleurs, définitivement.
Tu m’as demandé de te décrire celle que j’ai aimée, que j’aime et que j’aimerai. J’étais bien embarrassé. Peut-être que ce soir le fleuve lisse comme une fille me donne l’envie de te répondre. C’est une page pour nous, pour toi. Duras écrivait l’histoire de cette femme à la recherche du marin de Gibraltar, moi je suis ce marin à la recherche de cette femme.
Elle s’échappe toujours. Elle ne se dessine jamais tout à fait. C’est un ruban qui se dénoue sans cesse, un tissu de soie ou de satin qui ne reste jamais sur les épaules et qui glisse inexorablement.
Bernard Giraudeau, Le Marin à l’ancre (éditions Points, p132)
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