Il y a eu les mariages, les naissances, se profilent les divorces …
et maintenant débute la série des fiestas de milieu de vie !
Au moment où Ma Complice souffle ses bougies en arborant fièrement son écharpe « Miss 40 ans », 20 années me pètent à la gueule.
Pas de panique, je ne vous bassinerai pas cette fois avec les lieux communs du temps qui passe.
Pour ses 20 ans, j’étais revenue de banlieue parisienne pour étaler toute notre jeunesse à la face du monde.
Ma plus grande amitié valait bien un retour dans la steppe natale.
J’avais un souvenir très précis de cette photo, exhumée d’un vieil album photo papier de 1987 à 1997.
Ma Complice évidemment au centre de l’image. L’un de ses frères prend la photo alors que celui d’à peine 10 ans pose avec une moue boudeuse. A gauche, son père prend dans ses bras, la cousine, le cousin et moi, tournant le dos à la nouvelle amie de fac qui ne lâchait pas d’une semelle la reine de la fête. A droite, derrière sa mère pose le premier amour de Ma Complice accompagné de sa nouvelle conquête. De chaque côté du groupe, souriant et détendu le ‘futur’ de Ma Complice, séparés par 10 personnes d’avec sa future ex-épouse, mariée depuis près de 15 ans.
Sous l’éclairage de l’avenir, la photo est incroyablement dense en sentiments.
Pour une raison qui m’échappe, la colocataire d’alors de Ma Complice n’est pas sur l’image.
Je me souviens pourtant très bien avoir feuilleté les albums d’enfance de Ma Complice avec cette nouvelle prétendante à l’amitié.
Ce jour là, j’ai découvert combien Ma Complice fascinait aussi les femmes qui l’approchaient.
Elle fut la première à me parler de ma meilleure amie, avec des étincelles d’admiration au fond des yeux, tout en affichant une claire et jalouse exclusivité amicale.
Et ce ne fut pas la dernière à tomber dans cet incroyable état de fascination, au cours des 20 années qui suivirent …
Un peu comme dans ces polars, où un malade mental tente de voler la vie du héros.
Depuis le fameux anniversaire de ses 20 ans, je me suis contentée de rester observatrice de ces femmes qui se prenaient d’une passion admirative pour ma copine de collège, devenue marraine de Petit Biloba.
Après tout, c’est vrai que ses boucles blondes, son sourire et ses yeux clairs offrent l’image d’une femme décidée et bien dans sa peau. Née dans une famille aimante à l’image bourgeoise, elle profite aujourd’hui d’une vie aisée avec son amour de 20 ans et leur adorable fille.
Une vie à l’écoute des siens et somme toute plutôt préservée, qui a de quoi attirer les convoitises.
Au jour de la fête de ses 40 ans, j’ai beau chercher parmi les convives invités par le couple, aucune des nombreuses ‘nouvelles amies’ rencontrées durant ces années 20 dernières années ne sont présentes …
Mais c’était sans compter sur le charme ravageur de Ma Complice, faisant encore des victimes consentantes parmi la gent féminine.
C’est ainsi que m’apostrophe d’un air méprisant, une femme d’une cinquantaine d’années (Miss Grande Gueule) très fière de sa sveltesse, vue les commentaires assassins qu’elle se permet sur les rondeurs des mamans alentours et notamment la cousine de Ma Complice.
« Alors c’est toi, son amie depuis la 6ème ? » me lance-t-elle.
L’un des frères de la reine de la fête lui fait alors remarquer qu’elle a donc du boulot pour m’arriver à la cheville. Auquel elle répond très justement, que contrairement à moi, elle peut voir tous les jours Ma Complice, si elle le souhaite.
Ne désirant pas entrer dans une ridicule et dérisoire guerre d’exclusivité, mon plus beau sourire se contente de lui conseiller d’en profiter pleinement.
Est-il vraiment possible que ces comportements de cour d’école soient encore d’usage … à nos âges ?
Miss Grande Gueule n’est pas la seule à avoir de l’ambition parmi les copines du jour …
L’une d’elles bien que haute en couleur fut bien plus maligne pour infiltrer la famille de Ma Complice. A mon sens, son niveau de sincérité reste cependant difficilement supputable.
Je vous l’accorde, fidèles qui avez lu tant de moi, d’une certaine façon j’ai comme un goût désagréable de déjà vécu à propos de ces illusoires ‘guerres de territoire’. Ce qui m’interroge sur l’influence désastreuse de mon égo en matière d’amitié. Ne rien en avoir à faire, je devrais.
Vous pouvez penser à une amertume personnelle mais croyez bien que je préférerais sincèrement garder pour mes vieux jours les dernières illusions qu’il me reste en matière d’amitié.
Pansée par la belle affection des parents de Ma Complice, la dure lucidité se désagrège aux bons sons dansants qui portent à profiter de la fête ‘belle et réussie’ que Ma Complice a eu le talent d’organiser.
Ravie que tous ces gens soient là pour elle, je me réjouis qu’ils aient découvert ses qualités de cœur.
Les éclats de rire de Ma Complice emplissent la nuit.
Espérons que mes images soient à la hauteur de l’évènement.

Be First to Comment