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Comme si un gâchis ne suffisait pas.

La brume s’élève peu à peu au dessus du canal. Le fond de l’air est frais et mes nouvelles chaussures me portent au delà de mes espérances. Je savoure cette solitude au milieu des grands arbres du chemin de halage. La foulée s’allonge au cœur du petit matin. Si j’étais chasseur, je parcourrais la campagne à cette heure.

La dernière fois que j’ai mis les pieds dans le coin, j’en suis revenue blessée, écœurée. 8 mois se sont écoulés.
J’apprends à découvrir les enfants que je n’ai pas vu grandir. Ils disent les phrases dont nous avons tellement rêvé toutes ces années. Réalistes, ils semblent blasés par le comportement de certains de leurs proches. Les mêmes qui ont initié tout ce gâchis.

Mais voilà, les années nous ont volé la complicité. Je n’ai que peu de choses à leur dire.

Quand à leur père, il joue toujours au ‘shérif de la contrée’ avec ses grandes envolées punitives qui montent immanquablement dans les graves pour rendre le propos plus viril. De ce coté là, toutes ces années ne l’ont pas beaucoup aidé à évoluer.
Qu’y a-t-il d’admirable dans le fait qu’il s’occupe seul de ses enfants ? Nombre de femmes actives en font de même et personne de leur décerne une médaille. Que voulez-vous, lui est comme vous le savez le fameux fils prodigue … cela fournit tous les honneurs.

Pauvres enfants qui aujourd’hui se sentent délaissés par leur mère, partie vivre une autre vie à 600 km de là, mariage compris. Si seulement, elle leur faisait part de tout son amour, mais la distance dilue les attentions au point qu’ils se sentent maternellement oubliés, au profit du petit être à venir.
La peine est là, à fleur de peau, faisant mine d’être anodine.

Certes la fidélité s’impose par elle-même ou n’existe pas ! Personne ne peut affirmer que sa vie ne prendra pas un tour imprévu ou passionné.
Cependant la présence auprès de ses enfants, même à distance, n’est ni conditionnée, ni négociable …

Les mollets me tirent mais le chrono annonce encore 9 min avant les étirements. Les herbes se font plus hautes laissant mes doigts de pied faire floc floc à chaque foulée. Tant pis, courir en bottes auraient été bien moins aisé. :p

Pour des mômes affublés de tels parents,
ils sont finalement plutôt équilibrés.

Published inCourse à piedLe Clan

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