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Théorie de l’éducation à la frustration

Depuis un temps, je souhaitais cesser cet alarmisme chronique, résultant de coups de gueule récurrents à travers le blog. Même s’il est hors de question de se voiler la face, voir le verre à moitié plein est meilleur pour la santé mentale et donc physique.

Or, je fus étonnée d’observer comment la simple réponse à un commentaire du billet anecdotique La boite de couleurs avait pris de l’ampleur et avait fini par être totalement hors sujet !
Alors pourquoi bouder l’essence même de ce blog : exprimer la vision de Capsicum.

La jeune génération est comme tout le monde, mue dans une société où la satisfaction est rapide et instantanément renouvelée. Cela pose donc la question de la frustration à bon escient.

J’avoue qu’il faut parfois me faire violence pour ne pas céder à la frimousse d’ange de Petit Ginkgo, tout en lui expliquant le pourquoi du comment. Pourtant, enfant (avant l’adolescence, j’entends 😉 ), nos parents imposaient le ‘non’ sans qu’il y ait possiblilité d’insister’. Et pourtant, je n’étais pas plus malheureuse.

Petit Ginkgo est régulièrement face à un refus car il est important de savoir se contenter de ce que l’on a, surtout dans une société qui lui offrira peut-être moins que ce qu’il reçoit aujourd’hui.
Il n’est pas simple de trouver le juste dosage entre faire comprendre que le bonheur ne réside pas dans l’achat et éviter de faire naître une névrose qui le conduirait radicalement à l’effet inverse.
D’autant qu’attendre un jouet des semaines durant, en fait aussi sa valeur. Plutôt que d’être remisé dans le placard une fois la nouveauté passée, le jouet a été tellement rêvé et les jeux si bien imaginés qu’il en profite énormément.

Je ne connaissais pas le psychosociologue Jean Epstein avant d’écrire ce post et pourtant ses dires de spécialiste rejoignent les miens de simple observateur :

Et dire que les études s’accordent à montrer que les personnes ayant expérimenté la frustration bien dosée dans l’enfance ont moins de chances de devenir délinquantes car elles savent gérer ce fameux sentiment de frustration. Ce serait d’ailleurs une des clefs de l’adolescence tranquille. (Le bon sens aurait pu nous conduire aux mêmes conclusions !) Sauf que de nos jours, les enfants sont en permanence soumis à une multitude de stimulus qui rendent confus leurs réels désirs, car leurs besoins ont finalement peu évolués.

Le travers de cette éducation qui se veut à l’écoute des enfants, est ‘l’explication à tout bout de champ’. Même si l’explication est souvent essentielle, un peu d’autorité bien ciblée ne fait aucun mal, bien au contraire. La vie s’en voit simplifiée pour tout le monde sans que les gamins soient affligés pour autant. J’ai trop vu, dans ce milieu de l’éducation alternative, de parents devenir esclaves de leurs enfants parce qu’ils voulaient trop bien faire. Ils sont finalement dépassés, épuisés.

Après, cela dépend du caractère du môme. Certains seront curieux de ce qui les entoure et souhaiteront comprendre, toucher, explorer. D’autres seront blasés car ils n’ont jamais été sensibilisés au bien être simple que procurent leurs 5 sens. C’est pourquoi, il s’agit d’équilibrer leur vie virtuelle et instantanée avec du concret, du réel, du goût de l’effort, de l’attente, des saveurs et du discernement. Il est important de leur montrer qu’ils sont aptes à réaliser de nombreuses choses par eux-mêmes (sans les priver de la norme dans laquelle ils évoluent).

D’ailleurs, les adultes ne sont pas exempts de cette perte de réalité.
Comparés à nos grand-parents, nous ne savons plus faire une multitude d’actions par nous-mêmes. Nous sommes alors obligés de payer tout un tas de services sensés nous simplifier la vie (couture, réparation auto, plats cuisinés, nettoyage, décoration, construction, livraison en tout genre, voyage clef en main, fruits & légumes hors saison, etc). Même ‘éduquer les enfants’, quelqu’un le fait à notre place depuis leur plus jeune âge, à en croire le temps infime que nous passons avec eux chaque jour ! De nombreux domaines se sont complexifiés, les activités professionnelles se sont donc hyper spécialisées et fatalement hyper standardisées, nous rendant identiquement incompétents dans tous ces domaines qui nous échappent.

Ce symptôme se retrouve à l’échelle nationale : en France, la variété de l’emploi se limite petit à petit aux services, le tertiaire. Le primaire et le secondaire, étant de plus en plus externalisés, les importations augmentent embarquant le coût de la vie avec elles. Il faut alors travailler encore plus pour pouvoir se payer tous ces services ‘si indispensables’ et accéder aux produits des secteurs primaires et secondaires. CQFD.

En un peu plus d’un siècle, l’échelle des valeurs a été complétement bouleversée.
Le progrès qui apportait un peu de confort à la rude vie d’hier a mué ces 50 dernières années. Il est en train de gangréner notre actuelle qualité de vie (pouvoir d’achat déplorable, obésité, normalisation, pollution, cancer, quête de sens, etc).

Je ne suis pas une passionaria de l’éducation de grand-papa (bien au contraire), une extrémiste opposée à la mondialisation (opposée à l’uniformisation, c’est sûr), ni politiquement engagée d’un coté comme de l’autre (ils se valent tellement, mais je vote), ni écologiquement intégriste (une écologie de marché, ça existe ?) mais fort de toutes ces constations, je suis convaincue que l’homme de la rue est capable de changer les choses à son niveau.
Cela se propagera … c’est sûr !

Vive le bon sens, l’éducation éclairée et la simplicité volontaire !

Ajout janvier 2016 : Jane Nelsen a exploré et synthétisé la Discipline Positive qui répond parfaitement au respect de l’enfant en tant qu’individu à part entière grâce à l’approche bienveillance, mais développe également le respect des besoins du parent par le biais de la fermeté.

D’où nous vient cette idée un peu folle qu’il faut d’abord qu’un enfant se sente moins bien avant de faire mieux ?

Jane Nelsen

En ce qui concerne la consommation à outrance et le gaspillage, je me range derrière l’approche de Pierre Rabhi qui souhaite remettre l’humain et la nature au cœur des actions et du présent.

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Cinquante ans de consommation en France, www.lefigaro.fr, 2009

Nous sommes des parents formidables, Jean Epstein

CONSTRUCTION DES REPERES CHEZ L’ENFANT ET PREVENTION DES VIOLENCES ET INCIVILITES, conférence donnée par Jean Esptein, organisée par la FoCEF à Namur, en février 2002

Published inAir du TempsAu fil des jours...Simplicité Volontaire & Sobriété Heureuse

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