Au delà du gâchis familiale dont Capsicum est témoin depuis de longues années, une question psycho-sociologique lui fait des nœuds au cerveau.
Comment une personne réussit-elle à manipuler à ce point son ‘époux’ puis ses ‘enfants’ afin de les couper de l’autre partie de leur famille ?
Endoctriner, isoler puis régner, cette femme semble s’inspirer avec brio des méthodes sectaires.
Résumé des épisodes précédents :
8 ans pendant lesquels un fils n’a pas adressé la parole à ses parents et soustrait ses enfants à la bienveillance de leurs grands-parents.
Nous apprendrons plus tard que la correspondance épistolaire n’est pas son fort. C’était donc elle qui rédigeait ces lettres assassines … Mais n’oublions pas qu’il les signait !
Gouffre anamorphique de la manipulation ! 😉
Avec ses airs de gros dur, comment un homme se réclamant d’un caractère si fort a-t-il pu se laisser manipuler de cette façon et pendant si longtemps ?
Sa femme se trouve un nouveau mec puis se barre au fin fond de la France sans demander la résidence de ses deux enfants. Pourquoi pas … si elle vient voir ses mômes pour les we de visite … mais ce n’est pas le cas. Les enfants passent alors quelques vacances chez elle, à contre cœur.
Après 8 ans de silence complet, le fils prodigue revient alors comme si de rien était auprès de ses parents, avec ses enfants sous le bras. Il s’appuie sur l’intendance de Papy et Mamie pour véhiculer les enfants ou veiller sur eux quand il est pris par son travail … souvent. Bien que son emploi du temps soit chargé, ces trois là partagent une connivence non feinte.
Faire connaissance sans brusquer devient l’objectif des grands-parents.
Les mômes (12 et 16 ans) se laissent apprivoiser par leurs ainés. Une complicité se développe. La grande exprime une forte rancœur contre sa mère mais les enfants se déplacent avec plaisir pour son mariage et leur mère met au monde un nouvel enfant.
Caps soupçonnait ces enfants polymorphes de dire ce que leur entourage désirait entendre.
Inattendu retournement de situation.
Sur quels leviers s’appuie leur mère pour leur faire faire ce qu’elle attend ?
Par quels moyens réussit-elle à mettre à mal la confiance et générer l’indifférence méprisante ?
Parce que s’en suit plusieurs mois où le père et les grands-parents sentent qu’il se trame quelque chose. Pourtant les enfants feignent. Ils reçoivent des sms dans lesquels leur mère leur rappelle qu’il ne faut parler de rien aux grands-parents.
Le dialogue se dégrade.Il découvrent que les mômes ont adressé une lettre au juge des affaires familiales pour demander à vivre chez leur mère. Ce dernier affirme que le père n’a pas démérité mais que la résidence des enfants est modifiée. Ils partent vivre chez leur mère.
Somme toute une histoire de divorce affligeante mais banale si ces mômes passaient quelques vacances dans la Steppe ou donnaient régulièrement des nouvelles à leur père et aux grands-parents. Or, comme les 8 années préalables de blackout, 6 mois d’un silence de plomb suit leur départ. Leur père apprend même le changement d’orientation scolaire de la grande par le biais de sa nouvelle école.
Il est évident qu’à 18 et 14 ans, la préoccupation des enfants ne se tourne plus vers leurs Papy et Mamie. Pourtant le mystère de leur complète indifférence vis à vis de leur père reste entier !
L’arroseur arrosé comprend probablement mieux ce qu’il a fait vivre a sa famille toutes ces années.
Certes, par le truchement du divorce, les parents mettent les enfants dans une situation injustement inconfortable car cela les pousse à faire des choix contre nature. Mais Caps estime qu’à l’âge de ces deux jeunes (18 et 14 ans donc), on a acquis l’indépendance d’esprit et l’analyse critique (du moins on le devrait).

Ainsi même si leurs parents ne peuvent plus se blairer, pourquoi les enfants auraient-ils à prendre parti ? Qu’est-ce qui les empêchent de communiquer avec leurs deux géniteurs ? Surtout à l’heure où chacun a un smartphone dans sa poche !
Après analyse, deux potentialités s’imposent :
* soit il s’est passé quelque chose d’impardonnable avec leur père qui expliquerait leur silence
* soit ils se font manipuler par leur mère comme leur père l’a été en son temps.
Puisque le père affirme que tout allait bien (Caps a cependant une confiance toute relative en lui – il a quand même un grand handicape au niveau communication), les raisons de l’exclusivité maladive de leur mère restent donc nébuleuses.
Comment une mère peut-elle briser le naturel affectif de ses rejetons en leur faisant subir une tension si pesante … pour assouvir sa simple victoire personnelle ?
Au delà du jugement de moralité d’un tel comportement, Caps est intriguée par le mystère de cette si diabolique habilité à DIVISER et les moyens psychologiques ou pécuniers utilisés.
Jusqu’où cela va-t-il encore se poursuivre ?
A la génération suivante ?
C’est pourquoi Capsicum décida d’envoyer un courrier aux deux enfants dans l’espoir de leur ouvrir les yeux sur les blessures que génère leur comportement. Le seul moyen en son pouvoir de les mettre devant la réalité de leur mutisme …
Le reste ne peut dépendre que de la capacité de leur père à dépasser sa douleur, mettre son égo et les reproches dans sa poche pour leur exprimer son affection.
Les réactions qui s’en suivront marqueront donc la volonté propre de ces jeunes gens face à la réalité.
Nous saurons ainsi s’il y a du sens à continuer à se laisser blesser
ou si à leur tour, ils ont choisi la déviance des personnalités poison.
Lire aussi : Les Etrangers de sang
La lettre … (pour ceux qui n’en ont pas eu assez à lire)
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Chers Étrangers de Sang,
Nous avons compris que votre départ pour ‘les Monts’ était prémédité, depuis des mois.
Cela n’a pas dû être simple de garder le silence, de faire semblant et bonne figure.
Je regrette que vous ayez été mis dans une telle situation qui dévalorise, à ce point, la CONFIANCE en les vôtres.
Vos choix sont respectés.
Vous aviez autre chose à vivre. La ferme, votre nouvelle fratrie et vos études vous ouvraient une autre dimension.
Je comprends et je ne suis pas la seule.
Alors, à quoi cela sert-il de faire la gueule, de cacher votre vie ?
Pourquoi mépriser, à ce point, votre famille paternelle ?
D’autant qu’elle vous aime sans condition, sans prix, sans contrepartie, depuis tout ce temps … et même en votre absence …
Vous trouvez peut-être que vos grands-parents sont trop vieux jeu, trop droits, trop sévères, qu’ils ne peuvent vous comprendre. Ils ne sont peut-être pas parfaits mais ce sont surtout des gens honnêtes qui se préoccupent de vous et des conséquences de leurs actes.
Ils ont attendus patiemment près de 9 ans, en espérant qu’un jour vous frappiez à leur porte, permettant ainsi d’expliquer ce qu’il s’était passé avec vos parents. Papy et Mamie n’ont rien lâché pour pouvoir vous montrer toute leur affection, certes pudique mais profonde.
Quand vous êtes revenus, ils n’ont rien osé dire.
Leur seule préoccupation était votre bien-être. Ils voulaient juste profiter de l’instant, vous voir grandir un peu, établir une confiance, avec la peur au ventre que vous disparaissiez encore.
Et c’est arrivé …
Les déplorables conditions dans lesquelles vous êtes repartis ont achevé de leur briser le cœur.
Donner des nouvelles, passer un coup de fil, un texto, quelques photos n’est pas si compliqué.
Il me semblait, ‘Miss’, que tu ne comptais pas couper les ponts, si vous partiez.
Dépité, Papy est trop blessé pour vouloir aborder le sujet.
Quant à votre Mamie, elle désespère d’avoir des nouvelles de votre vie dans ‘les Monts’.
Au moins quand vous étiez dans ‘la Steppe’, elle pouvait tenter de vous croiser, juste pour voir vos visages. Aujourd’hui, elle passe des nuits sans dormir, à essayer de comprendre, à espérer que vous alliez bien.
On est responsable de ceux que l’on apprivoise.
Pourquoi cela parait si difficile de vivre en bonne intelligence avec ses deux familles, alors que cela pourrait être une chance ?
Faut-il absolument être fâché contre un parent pour être complice avec l’autre ?
C’est quoi cette exclusivité de merde ?
S’il y a des choses à dire, qu’elles soient dites afin que chacun s’améliore.
Le vrai courage est de parler.
Je pensais que l’on ne pouvait générer un plus déplorable gâchis que de rendre des grands-parents complétement étrangers à leurs petits enfants ou des cousins n’ayant rien partagé.
Mais je m’aperçois que le pire est de voir ses propres enfants devenir des étrangers.
Jusqu’où/à quand cela va-t-il continuer ?
Quelle punition infligez-vous ? Pour quelle raison ?
Exprimez-vous.
En tout cas, sachez que le temps n’arrange rien.
L’expérience a montré que cela rend juste les situations plus difficilement surmontables, avant de baisser les bras de peur d’avoir l’air trop con.
La vie est plus courte que vous le croyez. Votre père et vos grands-parents ne sont pas éternels.
Après il sera trop tard.
Vous me faites des nœuds au cerveau.
C’était du chiqué ce que vous avez vécu avec eux ?
Quand vous étiez petits nous pouvions, au moins, nous dire que vous « pauvres enfants » étiez manipulés par vos parents.
Mais j’ai trop d’estime pour vous.
Je me refuse à croire qu’aujourd’hui vous vous laissez instrumentaliser.
Du coup, ça pose une question plus profonde :
Quelle(s) blessure(s) vous rend si silencieux et méprisants ?
C’est tellement triste de perpétuer le même comportement malsain de génération en génération.
Je vous crois plus intelligents que cela.
Putain, tout peut se résoudre, pour peu que l’on prenne la peine de se regarder en face, de discuter, de poser ses différents sur la table.
Vous êtes assez grands pour vous faire entendre.
Est-ce la peur d’un jugement de votre père ?
Croyez-vous vraiment qu’il soit trop con pour comprendre vos choix ?
Vous pouvez au moins être sûrs qu’il vous aime !
Faites un signe : je peux toujours faire le lien ou votre grand-mère peut aider à renouer le dialogue s’il y a besoin.
J’espère, pour votre avenir, que vous apprendrez à parler, à vous confier, à valoriser la confiance.
J’ai bien peur que sinon le gâchis s’étende à votre vie d’adulte, enfermés dans un égo illusoire, à ne jamais vous livrer de peur que l’autre utilise vos faiblesses contre vous.
Se fermer comme une huitre n’a jamais protégé personne et rien ne se construit de satisfaisant par unique intérêt ou calcul. Ce qui compte vraiment est la qualité des relations que l’on entretient avec ses proches, de sang ou non.
Parlez, dites ce que vous avez sur le cœur.
Sincèrement, je vous espère heureux et bien entourés.
Passez de bonnes festivités et un joyeux anniversaire à la Miss.
En espérant que tout cela ne reste pas lettre morte.
Bisous
Tata, Tantine, Tatie (comme vous le voulez) Caps
PS : Ginkgo vient d’avoir sa troisième étoile au ski et Petit Biloba a bien grandi, il n’a plus de couche.



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