1er Aout 2009
Gurvansaikhan (Dungobi)
Mongolie
Au coucher, le soleil rend les blocs de granit plus orangés. Le désert se rafraichit, nous rêvons à demain.

La première nuit sous la yourte a été confortable, dans nos duvets -5°C. La pierre qui se balance entre les poteaux nous rappelle que la coutume interdit de passer au centre de la yourte.

Nous commençons juste à nous connaitre et ce petit déjeuner est l’occasion d’échanger quelques civilités ou plaisanteries.
Ce matin, nous attaquons le vif du sujet : randonnée au milieu de ce décor de cinéma. Le pas est leste et les confidences commencent au rythme de chacun. Les nids de rapaces sont facilement identifiables aux bandes blanches de déjections qu’ils laissent sur les rochers.

Comme des enfants nous ne résistons pas à escalader les rochers et en profitons pour capturer le panorama. Le surplomb découvre les mêmes couleurs enchanteresses de la vallée des vents des Olgas (Kata Tjuta) en plein milieu du désert australien. La roche est pourtant différente. Ici, elle sort du sol par bouquet de pics arrondis. Parfois un énorme œuf de pierre trône comme poli par les siècles.

Au loin, un arc de cercle blanc attire l’œil. Notre ami des steppes attise notre curiosité en gardant le silence …
En avançant encore, nos regards s’arrêtent sur une concrétions, support à l’imagination, ou sur quelques points blancs qui se dessinent au loin. Magnifique nulle part pour installer sa yourte …

La température augmente, l’arc de cercle s’approche et se distingue nettement maintenant. Après une petite matinée de marche, nous découvrons enfin qu’une sorte de dolmen se dresse au milieu de l’arche. Des inscriptions gravées en ancien mongol ajoutent au mystère.

Cette pierre reprend le texte d’un chant traditionnel à la mémoire d’une artiste mongole, à la voix d’or, très aimée dans le pays. (Attention ici choc culturel !)
Norovbanzad est enterrée là. Le monument lui rend hommage au milieu de l’immensité … proche de là où elle est née.

Après 3 petits tours d’Ovoo disciplinés, histoire d’adresser une prière, nous rejoignons les 4X4 russes, bien garés en rang d’oignon sous une dérisoire pancarte P, comme parking … au milieu de ce site incommensurable.
S’en suit le ballotement de 240 km de piste
pour poser le bivouac sur les hauteurs
de Tsogt Ovoo.
Entre chamanisme et bouddhisme … la culture est profondément liée à la terre et à la nature.
L’immensité prédomine !