Skip to content

Quand je rencontre les maitresses !

J’ai écrit ce billet, le 18 décembre 2016, mais le trouvant très intime à propos de notre fils et particulièrement ennuyeux pour le lecteur, je ne l’avais pas publié.

Seulement, je sens que le sujet ‘Petit Biloba à l’Ecole’ va faire une exceptionnelle série à rebondissement, alors je ne voudrais pas vous priver de la genèse.

Soyons clairs, je respecte les maitresses et leur parle avec tact et diplomatie car Petit Biloba est un enfant complexe qui demande une implication colossale. Mais sur le blog, je ne veux travestir ni mes pensées, ni mes émotions.

Et puis, je suis sûre que l’on finira par trouver des solutions pour que lui et les maîtresses se sentent mieux. Ainsi à terme, cela pourra peut-être aider d’autres familles.

Lyon, le 18 décembre 2016

Il est un sujet qui occupe une bonne partie de mes réflexions actuelles :

Comment aider Petit Biloba à trouver sa place à l’Ecole ?

L’enfant n’y va que pour jouer avec ses copains et copines.

Ce qui est plutôt normal pour un gosse de 4 ans. C’est d’ailleurs déjà un bon début.

prof 3

Or malgré les test psychométrique, bilan psychomoteur et autres séances pour l’aider à reconnaître ses émotions ou canaliser son énergie, Drama Queen, sa maitresse en chef, continue de m’égrainer tous les soirs les difficultés qu’elle rencontre avec Petit Biloba.

Je me demande si elle dramatise comme ça à propos de tous les enfants … ou si c’est un traitement de faveur.

Maitresse Drama Queen tente d’être dans la bienveillance avec Petit Biloba mais ne semble pas savoir comment s’y prendre. D’ailleurs, je la soupçonne d’avoir peur des réactions de cet enfant.

Il faut dire qu’elle a expérimenté plusieurs fois le ‘cri qui tue’ dont il nous gratifiait l’année dernière. D’ailleurs, je soupçonne petit Biloba de sentir les craintes de sa maîtresse et de les exploiter pour attirer son attention.

Elle décrit un enfant complètement différent de celui que nous connaissons à la maison. Si, si je vous assure.

Elle estime qu’il présente un trouble de l’attention pathologique associé à une hyperactivité. Du coup aucun apprentissage ne peut être abordé en profondeur tant que son comportement ne sera pas normalisé d’après elle.

Or, nous avons un enfant plutôt calme et raisonné à la maison.

Pas de crise chez nous, pas de grandes envolées quand il est frustré. Dès que nous comprenons quelle est la source du problème, il s’apaise en quelques secondes.

Et quand c’est plus difficile, nous réglons les conflits fraternaux en leur faisant exprimer leurs émotions, puis leurs besoins, puis leur demande.

Honnêtement, l’approche ‘Bienveillance & Fermeté’ a réellement transformé Petit Biloba en enfant agréable et sympathique à la maison.

Or lorsque, marchant sur des œufs, je propose à Maitresse Drama Queen, tour à tour et sur plusieurs mois :
– de rechercher la source de la frustration pour couper cours à l’escalade d’incompréhension,
– d’utiliser une roue des émotions pour l’aider à exprimer son malaise,
– d’utiliser une approche de résolution des conflits de type Communication Non Violente,
– de travailler la respiration pour l’aider à se relaxer et éviter une crise (chose qu’il ne fait plus depuis plus de 1 an et demi à la maison)
– de proposer les règles de la classe sous forme de pictogramme pour mieux les intégrer.
– de le guider dans l’utilisation d’un casque anti-bruit (que l’on a fourni) pour fixer son attention sur le matériel ou se recentrer lorsqu’il a besoin de se calmer,
– de lui proposer la sieste lorsqu’il montre des signes de fatigue,
– etc, etc, etc
la seule réponse de l’enseignante est

« Peut-être mais nous avons 27 autres élèves à nous occuper ! ». 

Elle me donne systématiquement l’impression qu’à ses yeux, ma qualité de parent me rend automatiquement incompétente dans le champ de la psycho-pédagogie.

Soyons clair, je vois bien que Maitresse Drama Queen est d’une certaine bonne volonté mais vue comment elle se plaint, ses efforts ne semblent pas aboutir.

prof 2

Ce qui m’agace, c’est qu’elle n’essaye même pas les pistes qui ont fonctionné avec Petit Biloba à la maison.

On ne sait jamais, si elle prenait un peu de temps en amont à tenter nos pistes, elle en perdrait peut-être moins à essayer de dissiper les crises.

  • Soit, ce n’est pas aussi catastrophique qu’elle le dit, donc elle ne ressent pas le besoin d’exploiter ces voies.
  • Soit elle n’a pas le temps, l’énergie ou les moyens, et il faut lui apporter une aide extérieure à la classe : une réunion pédagogique avec l’équipe enseignante.

Or, quand confortée par les analyses de la psychomotricienne qui préconise un saut de classe, je m’aventure très diplomatiquement à suggérer à Maitresse Drama Queen de donner à l’enfant des travaux plus variés et complexes, elle me tourne le dos d’un air agacé.

C’est alors que ma colère intérieure gronde encore plus
(mais moi je suis tenue à ne rien laisser paraître pour le bien de mon fils ?)

Dans la classe de Petit Biloba, j’ai le sentiment que la pédagogie Montessori n’est pas suivie comme elle devrait l’être.

M’étant formée à cette pédagogie pendant plusieurs années, je sais de quoi je parle.

Depuis que Maitresse Montessori est partie en congé maternité, de nombreux détails comme le prénom des enfants en majuscule d’imprimerie, au dessus des portes manteaux, prouvent que la pédagogie Montessori n’est plus appliquée dans les règles de l’art.

Qu’en est-il alors de la position d’observateur que doit prendre l’éducateur pour déceler les besoins associés aux périodes sensibles de chaque enfant ?

Mon point de vue peut paraître très grossier, seulement vous ne savez pas que tous les jours depuis 3 mois,
– j’ai acquiescé,
– accueilli les critiques,
– tenté de trouver des solutions,
– essayé de comprendre le point de vue des enseignants,
– discuté de l’ennui Petit Biloba ressent manifestement en classe,
– que je me suis tue pour apaiser l’affaire et surtout éviter que le môme entende ces remontrances tous les soirs plutôt que des encouragements,
– que j’ai bourré mes poings dans mes poches face au mépris,
– que j’en suis même arrivée à éviter de croiser les maitresses pour enrayé ce cycle infernal.

Mais pourquoi Petit Biloba est-il si différent entre l’école et la maison ?

J’arrête tout de suite les partisans de l’éducation à la dur :

Non, nous n’élevons pas Petit Biloba en enfant-roi. Il est parfaitement cadré à la maison. Nous préférons le respect mutuel.

Cependant, il est essentiel de comprendre pourquoi il lui arrive de ressentir autant de frustration pour y remédier à long terme.

Pour exemple : A la maison, il est inconcevable que les deux frères se tapent dessus.

Pourquoi à cet instant précis, Petit Biloba est-il agressif avec son frère ?

Ginkgo a refusé de jouer dans le bain avec lui.

Au moment même où je demande à Petit Biloba si c’est là la raison de sa colère, soudain tout calme il regarde son frère et lui propose de jouer peu de temps et de le laisser prendre sa douche ensuite.

Ils se mettent alors d’accord et le conflit est oublié.

Manifestement à l’école, les conflits s’enveniment très régulièrement.

Car comme beaucoup d’enfant à haut potentiel, Petit Biloba n’a pas les codes sociaux usuels. Il se sent agressé parce que ce qu’on lui impose lui semble injuste.

Si ses maîtresses se bornent à l’engueuler plutôt qu’à lui enseigner les codes, elles vont continuer à avoir du mal avec lui en classe.

prof

Certes la violence est inadmissible.

Pourtant pour faire passer la crise, il est nécessaire de résoudre la source de la frustration plutôt que de stigmatiser l’enfant qui s’énerve. Il est nécessaire de lui apprendre à la reconnaître, à l’analyser puis à la verbaliser.

J’en suis donc venue à conduire l’enfant chez une neuropsychologue, une psychologue et une psychomotricienne. Sans aucune surprise, leurs conclusions concordent avec les actions que je propose depuis des mois : le comprendre, l’aider à exprimer ses émotions, le cadrer avec une fermeté bienveillante et lui donner des travaux plus intéressants et plus complexes pour nourrir sa soif de connaissances.

Certes ces entrevues sont fécondes pour Petit Biloba. Pourtant être obligée de fournir une entête professionnelle pour que mes recommandations soient prises au sérieux par l’équipe enseignante est affligeant et particulièrement fatigant !

Suite à cette divergence pédagogique, j’ai évalué les éventualités de changer de classe, voire d’école.
-Premièrement, quitter ses copains serait un crève cœur après tous les efforts fructueux de sociabilisation qu’il a fait cette année. Il a des amis, de vrais amis, cette année.
-Deuxièmement, à n’en pas douter Petit Biloba rencontrera ces difficultés ailleurs parce qu’il ne rentre pas dans le moule attendu …

Cependant, le normaliser à tout pris serait terriblement contre-productif à mon sens.

« A force de vouloir entrer dans le moule, on finit par devenir très tarte ! »

tarte

Et d’autant plus sachant qu’en douceur, à la maison, il est tout à fait agréable.

Deux pistes s’offrent à nous :

  1. A l’école, programmer une réunion pédagogique avec l’équipe enseignante, la psychologue et la psychomotricienne afin de passer en revu les difficultés en classe, réaliser un brainstorm pour trouver des solutions potentielles, choisir les actions à réaliser et le calendrier.
  2. A la maison, entraîner l’enfant à suivre une certaine procédure avant de réagir. Lui offrir des outils pour qu’il s’en sorte par lui-même :
    – reconnaître son émotion
    – rechercher ce qui a généré cette émotion (la source)
    – verbaliser ce qui l’a gêné
    – déceler son besoin
    – formuler une demande claire à son interlocuteur, etc.
    Cette démarche demande une certaine maturité. C’est donc un travail de fond qui portera ses fruits avec le temps même si je n’ai aucune influence sur l’environnement scolaire qui le reçoit.

Voilà donc la mission de ces prochains mois …

‘Petit Ginkgo à l’Ecole’    – Episode 1

Published inAir du TempsAu fil des jours...CitationEcoleParentalité Positive & Pédagogie MontessoriPédagogieSociologieZèbre - Douance - HPI

Be First to Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Laisser ces deux champs tels quels :

Protégé par Invisible Defender. 8 367 spammeurs ont vu s'afficher une page d'erreur 403.

*
To prove you're a person (not a spam script), type the security word shown in the picture. Click on the picture to hear an audio file of the word.
Anti-spam image