La toiture de cet immeuble quatre étages XIXeme, entresol et sous-pente, de l’autre coté du pâté de maison, me semble aussi haut que notre 7ème XXIème, est donc le terrain de jeu de cet homme hirsute à la barbe rousse.
A cette distance, impossible de définir si c’est un jeune écervelé ou un quadra qui s’accroche à sa jeunesse. Il marche sereinement sur le faîte du toit, puis amorce la pente diagonale un peu plus précautionneusement, avant de s’accroupir pour contempler Fourvière. Non, aucun baudrier, rien ne le retient.
Dessinateur ?
Quelle chance ! Que dis-je ? Quelle volonté !
Le point de vue doit être magnifique et le plaisir incommensurable.
Qui suis-je pour imaginer qu’il prend des risques ? Qui connait ses antécédents ?
Le stégophile est libre de s’écraser 15 m plus bas, si une tuile se fait la mal.
Au Phare, l’escalier se termine au 8 ème étage par un skydome translucide ne m’ayant jamais laissé la chance de visiter, ni même d’apercevoir, le 9ème ciel. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tenté.
Est-il habitant de ce vieil immeuble ?
Du coup, c’est probablement lui que j’ai vu, il y a plusieurs semaines, sur l’autre pente du toit, croyant à quelques ouvrages en cours. De quelle fenêtre est-il sorti ? Qui est-il ?
Et si, à défaut, nous lui inventions une vie ?
Je devrais faire comme cela et prendre un peu de hauteur, moi qui m’englue dans les relations humaines à fleur de peau, en ce début 2015.

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