Une nuit comme il m’en arrivait souvent en 2009.
Pas tant insomnie qu’involontaire lutte contre le sommeil. Dans cette ère de calme feutré tout devient prétexte à retarder l’heure fatidique du coucher.
C’est donc à une heure indue de cette nuit de juillet que les étendues infinies du désert s’imposent à moi, par la rencontre de Régis Belleville, le Chamelier Blanc.
Depuis la découverte des dernières heures de Lancaster, je repense à cet explorateur français du désert repoussant ses limites à la déshydratation. Des mots sensés, mesurés, pour un homme à l’esprit clair, droit, sans superflu.
Ce qui me restera de ce reportage, c’est l’incroyable affirmation qu’un homme ne peut survivre, avec peu d’eau, à traverser un désert que s’il marche la journée. Sinon, il gaspille son eau à rester immobile à une heure où la déshydratation est maximale, que l’homme soit en mouvement ou non. Alors autant progresser …
Après avoir fouillé la toile pour retrouver son nom, me voilà comme toujours absorbée totalement par la découverte de l’homme et de sa passion.
D’après la Société des Explorateurs Français, dont il fait parti, Régis Belleville est un ancien photographe de l’Armée de l’Air (Centre d’Exploitation et d’Interprétation des images de l’Armée de l’Air de 1986-1991).
* Il a été responsable de l’unité de photogravure, du laboratoire et des reportages photos, au service communication de l’Université de Bourgogne (1991-1993), puis responsable des analyses en GC/MS assisté par ordinateur pour des activités de recherche en physiologie végétale à l’Université Henri Poincaré.
* Entre raid et mission humanitaire en Côte d’Ivoire, Burkina, Sénégal de 1993 à 1997, il coréalise en 1996, le film Dessine moi une ambulance, carnet de route d’un raid humanitaire jusqu’au Burkina Faso.
* Il s’intéresse en 1998 à la route du commerce caravanier de l’or en Afrique de l’Ouest avec la Mission « Sur la piste de l’or Malien » dont il fera un livre et un film L’Or du Diable.

* De Janvier à Mars 2002, il se lance sur les traces de Théodore Monod avec la « Terra Deserta » : 1150 km à pied entre Chinguetti (Mauritanie) et Tombouctou (Mali) en moins de 50 jours dans des conditions extrêmes. On retrouve son expédition dans « Au-delà des Sables » livre paru en 2004 et le film de 2002 « Au pays des djinns ».

* Il fut responsable de la sécurité sur l’expédition scientifique et culturelle « Paris-Kaboul 2003, sur la Route de la soie » (1,5 mois).
* « Sahara Solitaire », en 2005, il traverse, à pied 6000km passant par 7 pays (Mauritanie, Mali, Algérie, Niger, Tchad, Libye, Soudan) dans ce qu’ils comptent de régions les plus inhospitalières et les plus arides, de l’Atlantique à la mer Rouge, le long du 20è parallèle. Un enjeu autant humain, physique, physiologique que géopolitique que l’on retrouve dans le film « Le Sahara sur un fil ».
* En novembre-décembre 2007, Régis Belleville se lance dans l’expédition « Opération survie », une expérimentation psycho-physiologique sur la déshydratation en milieu chaud.
Et c’est le film qui conte cette aventure « Naufragé des Dunes », présenté aux Ecrans de l’Aventure 2008 de Dijon, qui fascine ma nuit de juillet 2009.

« Le film pénètre, étape par étape, dans l’intimité du corps et du mental du naufragé des sables et interroge la physiologie humaine : qu’est précisément la soif, quels sont les effets de la déshydratation avancée sur nos organes et nos cellules ? Par quels mécanismes le corps tente t-il de protéger le cerveau contre la surchauffe, et que ce passe-t-il précisément lorsque ces mécanismes sont pris en défaut ? A quoi sont dues les fameuses hallucinations des naufragés du désert, lesquelles annoncent l’imminence du coma ? »
Régis Belleville
Régis Belleville parcourt les zones les plus inhospitalières du désert saharien depuis de nombreuse années avec pour but principal de comprendre comment l’homme peut survivre aux climats les plus chauds et arides de la planète. (Tiens, il a un fils de l’âge de Petit Ginkgo !)
Devenu tel spécialiste qu’il est l’un des 3 instructeurs de l’Ecole de Survie (Corporation de Professionnels de la Survie) avec pour expertise le milieu saharien.
Tout bien réfléchi, Lancaster ayant bien évalué la direction de la route transaharienne à une trentaine de km d’erreur, je crois que dans son cas, il n’aurait pas du promettre de rester auprès de son appareil.
Les secours sont venus près de 30 ans trop tard.
Certes … Facile de tirer des conclusions avec un regard extérieur et néophyte, ayant connaissance des vérités et des résultats, a posteriori !
Mais on ne sait jamais, cela pourra peut-être me servir un jour … 😉

[…] les documentaires qui m’intéressent comme A la Recherche de l’Oiseau Blanc, Naufragé des Dunes, Dans les pas de Paul-Emile Victor, Epris d’aventure, Voyage au Tibet Interdit … ont été […]