Au milieu de l’Atlantique, Bernard W, 20-12-2009
Magnifiques images de Bock …
Même si j’avais un faible pour la Jonque, il est quand même très majestueux ce trois mâts goélette !
Décidément, l’immensité rapproche les hommes plus que l’on croit pour que l’équipage de La Boudeuse pense aux simples rêveurs que nous sommes alors qu’il est au milieu de l’Atlantique.
Mais je sais qu’ils apprécient cette solitude de premier matin du monde …
Atlantique Nord, 3 Septembre 2004
Je gagne le gaillard d’avant. L’aube pointe à peine et l’océan est vide. Pas le moindre navire nulle part.
Seuls au monde …
Je grimpe au sommet du mât de hune vérifier l’état de l’étrier du hunier volant, signalé usé par le bosco. A 30 mètres au-dessus du pont, le calme m’envahit dans la sensation d’être hors de portée des choses du monde.
Je regarde au loin : je suis comme au centre d’un immense cercle bleu. L’horizon est aussi courbe que la terre ; il nous enserre de toute part. Où que porte le regard, il n’y a que cette courbure incroyable. Effet d’optique dû à la hauteur du mât, naturellement. Mais qui ajoute à la progressive sensation d’isolement qui naît en moi, comme dans l’équipage, au fur et à mesure de l’éloignement des côtes. En y songeant, j’imagine l’effroi des premiers navigateurs, il y a très longtemps, lorsqu’ils voyaient disparaître la terre. Sans boussole, sans carte, sans rien, pas même la certitude de revenir vivant, en dépit de conditions de vie quotidienne éprouvantes, ils s’en allaient malgré tout dans l’inconnu, poussés par des forces dont je ne sais ce qu’elles sont devenues chez les hommes d’aujourd’hui.
Patrice Franceschi, La Grande aventure de La Boudeuse, Tome I

11 12.00′ N, 37 49.72′ W à 10h58
Quelles nouvelles de la météo et de la mer, pour la suite de la traversée ?

Be First to Comment