Cette aventure nous l’avons voulue et nous aurions bien tort de nous plaindre. Nous sommes dans l’une des régions les moins connues d’Afrique centrale et cela nous suffit pour l’instant. Nous vivons de nous-mêmes, de nos qualités et de nos défauts, de la nature implacable qui nous entoure. Chaque seconde est une vie intense, une découverte, un nouvel émerveillement. Nous vivons avec cette impression de nager dans un milieu sain et bienfaisant pour notre esprit, si ce n’est pour notre corps. Et cette existence naturelle où chacun de nos actes est destiné à assurer la vie nous refait découvrir les vrais plaisirs simples d’une eau fraîche ou d’un instant de paix.
L’homme civilisé a de plus en plus de besoins qu’accentue encore la publicité et toujours moins de moyens, de temps et d’argent pour les satisfaire. Sans véritables raisons de vivre, les gens cachent leur ennui dans un travail frénétique et de faux plaisirs. L’ennui. L’ennui qui naît de l’uniformité et non du temps perdu. L’ennui d’où viennent peut-être tous les maux.
Patrice Franceschi, Au Congo jusqu’au cou, 22-07-1975
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