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‘L’enthousiasme et les dispositions spontanées de l’enfant’ par André Stern

« L’enthousiasme, cet engrais qui fait fleurir l’enfance. »

André Stern

André Stern (musicien, luthier, journaliste, auteur, conférencier, directeur de l’Institut Arno Stern, initiateur du mouvement ‘Ecologie de l’Education’, collectif ‘Les Hommes pour Demain’, etc) me fascine depuis une dizaine d’années …

14 min pour comprendre pourquoi les dispositions spontanées dont il parle me font écho aux ‘périodes sensibles’ de Maria Montessori :

Faire sauter ces putains de limites, je n’ose même pas m’autoriser à y penser.

Et pourtant c’est peut-être à cela que me conduit Petit Biloba.

Note : si je devais ne m’enthousiasmer que 2 à 3 fois par an, quelle tristesse !

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ANDRÉ STERN : “L’ENFANT N’A PAS BESOIN QU’ON LUI FIXE DE LIMITE”, www.miroir-mag.fr, 18-06-2014

Dans les librairies, le nom de son ouvrage interpelle : “Et je ne suis jamais allé à l’école – Histoire d’une enfance heureuse”.  ne s’est jamais assis sur les banc d’une classe, n’a jamais tapé la balle dans une cours de récréation. Et pourtant, il l’assure, c’est la “meilleure chose qui ait pu lui arriver”.

Désormais âgé de 43 ans, André Stern est père d’un petit Anthonin. Lui non plus ne va pas à l’école. “Dès qu’il a du temps l’enfant joue. Si nous ne l’interrompions jamais, il jouerait toujours. Or, il n’y a pour apprendre, rien de mieux que le jeux”, assure-t-il. “En chaque enfant il y a un génie potentiel. Et en chacun d’entre nous un autre génie potentiel”.

En marge du  Dijon, où il intervenait, vendredi 13 juin 2014, nous l’avons interrogé sur les motivations qui l’ont conduit à miser sur l’amour et l’enthousiasme pour l’éducation de son fils.

Tout au long de la conférence vous êtes revenus sur votre parcours mais comment en êtes vous arrivés là ?

Ce qui m’intéresse c’est de parler de l’enfant en général, de réhabiliter cette confiance qu’on peut avoir en lui et de l’illustrer. Il est toujours étrange d’être considéré comme une exception alors que la chose que j’ai vécue est la plus naturelle et la plus banale qui puisse arriver. Je n’ai pas été dérangé dans mes dispositions spontanées et j’en suis très reconnaissant.

C’est donc une volonté de vos parents ?

Mes parents se sont retrouvés dans l’impossibilité de faire autrement. Ils ne sont pas partis d’une idée, d’une expérience, d’un dogme ou d’une idéologie, mais bien de l’enfant et d’une question toute simple : quel sera le prochain pas naturel dans le développement spontané de l’enfant ? Cette question s’oppose à celle que l’on pose traditionnelle : par quelle action pédagogique de notre part pourrions-nous introduire le prochain pas dans son évolution ? Ils vivaient avec les enfants, leur portaient attention, les respectaient. Pour eux, vivre, observer et s’enthousiasmer pour les dispositions spontanées de l’enfant était tellement primordial qu’il était inenvisageable d’intervenir.

L’école a tout de même un rôle crucial, ne serait-ce que pour apprendre à écrire ou à lire.

Ça se fait entièrement seul. La plupart d’entre nous l’ont fait d’ailleurs. L’exemple parfait est note langue maternelle : nous ne l’avons pas appris seul, mais à cause des autres, même si les autres ne nous l’ont pas appris. Il est impossible d’échapper à la lecture et à l’écriture dans notre société alors c’est pile-poil la chose pour laquelle nous n’avons pas besoin d’enseignement.

Alors concrètement, comment éduquez-vous votre enfant ?

(Rire) Je ne l’éduque pas…

Il est donc complètement libre ?

Non. Il ne faut pas le laisser tout faire, car c’est une erreur. Comme c’est une erreur de penser que ne pas mettre son enfant à l’école c’est le garder à la maison. Enfermer un enfant à la maison, c’est bien ce qu’il y a de pire : il ne sortira pas du vase clos familial et ne partagera donc que les niveaux, les valeurs, mais aussi les peurs de cette famille. Je suis terrorisé lorsqu’Anthonin [Son fils de trois ans], monte dans les arbres alors que d’autres non. L’enfant est optimisé pour aller dans le vaste monde, c’est son penchant naturel.

Anthonin est donc un enfant qui s’enthousiasme toute les deux à trois minutes. En tant que parent, j’observe ça et ça me prend aux tripes, tu imagines le prochain enthousiasme, comme un filet tridimensionnel qui se développe dans toutes les directions à la fois. C’est l’étape indispensable pour passer de l’autre côté du miroir, celle où se situe la confiance envers l’enfant. Vous verez alors que le monde change, l’ironie des adultes est tellement délétère pour les enfants.

Mais le parent ne cède-t-il pas aux caprices et désirs de l’enfant sous prétexte de son enthousiasme ?

C’est typiquement l’ancienne attitude, nous sommes tous conditionnés. À cet instant-là, ce n’est pas un caprice de l’enfant, c’est une nécessité. On en peut pas l’arracher à ça. En revanche, les enfants aiment les règles : il suffit de voir la tête d’Anthonin lorsqu’une voiture est passée au feu rouge. Le monde s’est effondré pour lui. Le feu rouge était un repère, un gage de sécurité : c’était la fin d’un monde. Alors les enfants aiment les repères, aiment les règles, les rituels.

Dans le même ordre d’idée, la discipline, ce vilain mot, ne doit pas venir de l’extérieur, mais de nos tripes. Quand quelque chose nous passionne, nous sommes capables de passer par dessus toutes nos limites, par-dessus tout ce qui nous retient. L’enfant est un condensé de tout ça. Alors je vous invite tous à passer de l’autre côte du miroir, à observer l’enfant, à réhabiliter la confiance que nous avons en lui, car faire tout ceci, c’est aussi réhabiliter l’enfant que nous avons tous en nous.

Mais quand même, ce n’est pas le rôle du parent que de fixer un cadre à son enfant.

Tout ceci c’est l’ancienne vision des choses. On nous a tellement boursoufflé le cortex avec ça alors que c’est faux. L’enfant n’a pas besoin qu’on lui fixe de limite. Si les parents vivent les yeux dans les yeux avec les enfants, une connivence et une confiance mutuelle vont s’installer : à ce moment dire “non” ne sera pas un problème pour peu que ce “non” ne représente pas la majorité. Au bout du 36ème “non”, si jamais l’enfant se révolte, nous dirons de lui que c’est un capricieux. Pour avoir un enfant qui n’a pas de problème avec le “non”, il faut lui dire beaucoup “oui”.

Ce modèle ne peut pas s’appliquer à l’ensemble des familles ?

Je ne suis absolument pas un critique de l’école ni du système, je n’ai rien à vendre alors jusqu’ici mes positions n’ont provoqué que l’enthousiasme. Je ne suis pas l’ennemi scolaire numéro 1, loin de là. En France, encore plus en Allemagne, je suis amené à travailler avec des professionnels de l’éducation pour apporter une contribution au système éducatif.

Cette “méthode” peut-elle donc avoir une place au sein du système de l’Éducation nationale ?

Peut-être pas au sein de l’Éducation nationale telle qu’elle est aujourd’hui. On peut optimiser l’ancien pendant longtemps. C’est le cas avec les voitures : des ingénieurs travaillent pour baisser la consommation d’essence, mais à un moment, il n’y aura plus d’essence. Dès lors une voiture qui ne consomme pas beaucoup consommera tout de même trop. Il en est de même avec l’éducation, le temps est venu pour une nouvelle éducation. Les gens sont en pleine nostalgie du nouveau, y compris l’éducation nationale.

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‘Attachement, autonomie, désir d’apprendre’ par André Stern

A partir de 11min, sa propre éducation

Enthousiasme -> compétences (effets secondaires de l’enthousiasme) -> réussite (effet secondaire des compétences)

Ne pas faire le bonheur de l’enfant mais tenter de ne pas interrompre son enthousiasme.

Cela fait écho à ma dernière rencontre avec un enseignant appliquant la pédagogie Steiner Waldorf.

Quelle exploration !
Published inAir du TempsAu fil des jours...CitationDeveloppementParentalité Positive & Pédagogie MontessoriPédagogiePenser global, agir local !Sociologie

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