La douleur est si forte que je me vois obligée de poser l’enfant au sol pour chercher un poteau ou une armoire électrique qui m’aiderait à me maintenir debout.
Mummy a toujours eu horreur que l’on s’assoit dans la rue.
Un instant, ma vue se trouble, pourtant shunter, perdre conscience en pleine ville est inenvisageable avec les deux enfants.
Cette douleur fulgurante me propulse 4 années en arrière, alors que je posais le pied sur le bateau pour l’Ile. Deux gros sacs de voyage (quelle idée d’être serviable !) s’écrasaient alors dans la cale.
Il m’avait bien fallu la traversée entière pour recouvrer mes esprits.
Pour l’heure, un homme l’oreille collée à son téléphone me demande s’il est nécessaire d’appeler les pompiers.
L’entorse mémorable de l’époque m’avait valu beaucoup de sympathie dans ce magnifique village de pêcheur.
Dommage, cette fois, je n’aurai pas les mains magnétiques du gentil tonton cap-verdien, gardien de prison, pour me remettre d’aplomb en quelques jours.
Main dans la main avec le plus petit, s’en suit 1,5 km de rue commerçante clopin-clopant jusqu’au Phare.
Voyant les larmes couler silencieusement sur mes joues, Ginkgo me propose de préparer lui-même un petit quelque chose pour le dîner.
Les 50 min de course à pied du week-end s’envolent évidemment.
Sans moi, les balades en famille.
Exit salsa et taps pour un minimum de 2 semaines …
… si je supporte.
S’allonger un ligament (pourvu que ce ne soit que ça) sur une bordure de trottoir brisée, plutôt que sur le GR20 ou en entrainement, quelle ironie !

Heureusement, je peux encore faire du piano !!