-1-2-3-*-5-6-7-*-, les comptes s’égrainent dans ma tête en anglais.
Allez savoir pourquoi …
C’est à peine si j’ose le regarder dans les yeux. Non pas qu’il m’impressionne mais à l’affut des mouvements de ses épaules, mes yeux restent à hauteur de son torse. Perdue en innombrable mambos, la posture de ce gars, pétri de classique, est si incertaine que le prochain mouvement m’est nébuleux.
Pourtant danser, il n’y a rien de plus simple.
Il suffit de prendre une main tendue dans un bouiboui épicé suite à un regard souriant, de suivre les musiciens, d’apprendre 3 pas des yeux de son partenaire amusé et de se laisser porter par l’ambiance.
Des musiques se sont ainsi imprimées dans mon cerveau, pour tenir chaud à mes vieux jours.
Ça tourne. -1-2-3-*-5-6-7-*-
Cette fois, c’est Ange qui mène la danse.
Surtout se laisser porter, le laisser guider. Si je me permets de le regarder dans les yeux, nous allons rire et perdre le compte. Est-il près pour le déhanché de la coucaratcha ? Oups, la remontrance sera pour moi, demain, pour avoir un peu trop appuyer le temps.
Pourtant danser, il n’y a rien de plus simple.
Aussi simple que de tourner autour du bras d’un prétendant, sans s’y attendre, lors d’un rock endiablé dans une fête étudiante où la vodka coule à flot. Jamais aussi douée que ce soir-là après le ski, à l’époque où U2 déversait son Sunday Bloody Sunday.
« Sur quel temps tourne-t-elle ? » demande le maitre. Après avoir laissé le temps d’un soupir pour obtenir une réponse, il ajoute « Réponds toujours 2, tu ne risqueras pas de te tromper ».
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Et voilà que la main froide d’Exacting Bob me fait virevolter.
Même pas besoin de le toucher pour savoir ce qu’il attend. Il a ouvert le livre pour que j’y lise et, à ma grande fierté, s’en sert régulièrement pour illustrer son propos devant les autres participants.
Décidément, la salsa est un sport d’homme !
Si peu le savent pourtant …
Quand mes deux garçons seront assez ‘testostéroneux’ pour comprendre, je leur ferai une confidence :
« Un homme sachant danser fait craquer les femmes, pendant que les autres hommes sont au bar. »
Aurais-je pris à la lettre les folies d’Hermann Hesse ?
[…] Mais il n’y a pas que les doigts ! Alors que je me contentais de savourer les solitaires entraînements de running, c’est elle qui eut l’idée d’inviter Ange à se laisser séduire par la salsa. […]