Cap Ferret, Juillet 2003
Ce ciel torturé l’annonçait sans erreur possible, mais l’océan est si magnifique (du rivage !) quand il s’échauffe, que nous courûmes à travers la dune pour l’espionner.
Une énergie naturelle sans réserve.
Le sable de la plage fouettait la peau à en pleurer et la seule idée qui traversa nos esprits illuminés fut … de nous jeter à l’eau, avec le même sourire d’enfants turbulents.
La luminosité déclinant, le vent redoubla d’intensité emportant l’océan de plus en plus rudement sur le rivage. A nager sous les rouleaux pour se protéger des déferlantes, la pendule de l’ego était systématiquement remise à l’heure, mais ne gâchait aucunement le plaisir de ‘faire corps avec l’univers’ … aussi violent soit-il !
A terre, les pins se balançaient avec une incroyable amplitude. Sous mes yeux, l’eau se pulvérisait en quelques secondes à la cime des vagues.
Nos rires siphonnés étaient à peine audibles dans ce fracas.
Où se situe la limite entre la folie douce et l’inconscience ?
Par temps calme 😉 – photo Marine Armstrong
Aussi bons nageurs puissions nous être, il n’était pas question de trop s’éloigner. Pour avoir sérieusement déjà flirter avec l’océan, aucun doute sur l’issue de cette petite sauterie si elle avait du s’éterniser un peu trop longtemps.
De cette baignade complètement déjantée, Capsicum garde le souvenir d’une incroyable puissance au cœur d’un tumulte stupéfiant.
Tout simplement inoubliable.
Extirpés du cahot marin, courir contre le vent eut été une gageure sans la poigne d’Ange. Le lendemain, nous apprendrons que la tempête poussa le vent au delà des 75 nœuds (140km/h) en rafale et fit d’incommensurables dégâts sous les pins de la presqu’île.
Où étions nous le plus à l’abri ?

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