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Il était une fois … être parent (mis à jour en sept 2015)

Ajout de Septembre 2015 : En relisant cet article, certains principes et vocables comme ‘colère’ me hérissent le cerveau. Tout le monde a le droit d’évoluer …
Mon approche de la parentalité positive s’est très largement affinée avec le petit frère : Petit Biloba. Vous trouverez donc quelques notes additionnelles au texte d’origine pour contraster le premier cheminement.

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Pour les curieux, voilà grossièrement ce que j’ai envoyé à ‘Miss Je le vaux bien’, qui se sentant débordée, me demandait comment j’avais fait seule avec un enfant si jeune.

Le papa de Petit Ginkgo travaillait à 300-400 bornes de la maison, durant la semaine.

Mais j’aurais peut-être du la fermer …

Pas de réponse, même pas un accusé réception de principe. Oups !
Peut-être que sur le blog ça servira au moins à quelqu’un …

« A l’époque (et encore aujourd’hui) j’ai beaucoup réfléchi aux comportements de Petit Ginkgo et à leurs causes, pour mieux m’adapter à ses besoins.

Élever un enfant n’est pas aussi inné que tout le monde veut bien le dire. J’ai appris et je fais des erreurs tous les jours. Nous ne serons jamais que des apprentis-parents.
Alors voilà quelques pistes qui n’ont pas vocation à dire ce qu’il faut faire. Il n’y a que les parents qui connaissent leurs enfants. Mais on ne sait jamais, ça peut peut-être amener ne serait-ce qu’une idée.

* Avec Petit Ginkgo, j’ai toujours désiré instaurer une réelle confiance. Car je pars d’un constat que l’on m’a fait quand j’étais étudiante :
Les parents s’inquiètent trop tard de l’adolescence de leurs enfants alors que c’est dès la naissance que l’on prépare une adolescence sereine. (ça ne garantit pas la réussite mais je suppose que ça ne peut qu’aider)

Des études ont montrées que les connexions neuronales sont chamboulées à l’adolescence, ce qui expliquerait les inconforts de cette période. Cependant un bon départ avec ses parents est toujours un avantage pour la suite !

Ressuscitage, Petit précis de Grumautique, 14-12-2009

* Alors dès le début, je l’ai pris comme un être différent de moi dont il fallait déchiffrer les réactions, tant qu’il n’avait pas la parole (et après aussi …).

Il faisait des colères impressionnantes, mais c’est bien plus tard que j’ai compris que les colères résultaient du sentiments que son entourage ne comprenait pas ce qu’il voulait ou ressentait.

D’ailleurs, les grosses colères incontrôlables se sont arrêtées dès qu’il a commencé à faire des phrases.

Il fallait donc mieux l’observer pour mieux le comprendre.

Les colères n’existent pas.
C’est un ressenti du parent qui croit que l’enfant lui destine une opposition qu’il faut réduire. Or les crises des enfants sont simplement le résultat d’une frustration non gérée, d’une tempête sous leur crâne qu’ils n’ont pas les moyens de maitriser.

Leur cerveau étant encore immature, il réagit à un stress : trop de stimulations au super-marché, une envie irrépressible, une incompréhension de ce qu’on attend de lui, un sentiment d’injustice parce qu’il ne sait pas encore s’expliquer.

Il est nécessaire de trouver la source de ce stress pour aider l’enfant à d’abord s’apaiser puis apprivoiser ce stimulus.

* Je ne dis pas que je laissais tout faire, bien au contraire. Mais la base de notre relation s’est articulée autour d’ une éducation respectueuse de l’enfant qu’il est (éducation non-violente par principe et par expérience). Même si les plus intégristes des lecteurs ne me trouveront pas assez à l’écoute, la vérité pour moi réside souvent dans la ‘voie du milieu’ !

Très rapidement, l’enfant a envie de faire les choses par lui-même, sauf que débuter à ‘faire seul’ engendre souvent ‘tache, embêtement, lenteur ou maladresse’.

Pourtant, en prenant un peu de recul, il apparait vite que l’autonomie apporte beaucoup plus à l’enfant et aussi aux parents.

J’ai donc pris plus de temps et largué l’horloge interne de l’autorité qui dit « à telle heure le bain, à telle heure on mange, à telle heure il doit être couché ».

Plus le parent est détendu et plus l’enfant le sera. Il est parfois plus productif de jouer avec l’enfant (qui pourra s’exprimer ainsi) que de lui faire respecter un horaire coûte que coûte.

* J’avais remarqué que Petit Ginkgo calmait ses crises apnéiques plus vite quand il n’avait pas de spectateurs. Or les enfants si jeunes n’ont pas besoin de rester 40 minutes dans leur chambre pour s’apaiser.

Ils finissent par oublier pourquoi ils pleurent. Pourtant ils pleurent, se sentant vraiment incompris …

Nous sortions donc de la chambre en lui disant « Reviens quand tu seras calmé ». S’il ne revenait pas de lui-même, après 5 min, puis 10 min, puis 15 min, nous allions le voir, le prenions dans nos bras. Il se calmait car il comprenait alors que nous l’aimions et que c’était simplement tel ou tel comportement qui était en cause.
Du coup, nous pouvions plus calmement lui expliquer la situation.

L’enfant qui est écarté se sent incompris quoi qu’il arrive. Il a été très efficace pour Petit Ginkgo de le prendre dans nos bras alors qu’il était en crise. Le toucher avec notre peau libère l’ocytocine, l’hormone de l’attachement, qui après 7 secondes apaise le cerveau en ébullition. L’enfant est plus amène de nous entendre après cela.

Et puis, le parent est souvent le réceptacle de la crise car l’enfant peut enfin relarguer sa frustration avec lui. Il lui fait confiance, il est en sécurité avec lui.

* Et puis, petit à petit, j’ai insufflé du vocabulaire sur ses émotions. Il a su mieux les identifier et mieux nous expliquer ce qui n’allait pas. Il s’est beaucoup apaisé.

Peine d’honneur, Petit précis de Grumautique, 05-12-2011

* Un autre principe qui m’a toujours importé est l’autonomie.

Entendons nous bien, je ne parle pas de bordel organisé. Un gamin a besoin du respect de son rythme, de rigueur et de répétition mais simplement je ne me suis pas stressée pour ce qui n’était pas fait.

Du même coup, j’ai arrêté de stresser Petit Ginkgo. La pression qu’il avait forcément sur les épaules s’est donc évaporée.

Concrètement, certes j’aurais mis 3 minutes à le mettre en pyjama alors qu’il en met 20 min par lui-même, mais sa confiance en lui s’en voyait renforcée.

Il voulait faire de plus en plus de choses par lui-même et mettait de moins en moins de temps pour les faire. Cela valait pour tout : se laver, manger, mettre ses chaussures, fermer ses boutons, etc

Du coup, cela génère beaucoup de fierté et de bien-être pour lui et moins de contraintes, petit à petit pour moi. C’est d’ailleurs exactement ce dont on a besoin lorsqu’il y a plusieurs enfants à s’occuper …

* Mais l’autonomie dans la vie quotidienne, c’est aussi le laisser autonome dans ses décisions :
Par exemple, lui permettre de marcher sur un mur sans lui donner la main, selon sa volonté, etc
Soyez sûrs que je ne l’ai jamais laissé faire quelque chose qui pouvait le mettre en péril ! 😉 Mais j’ai revu ma tolérance à la hausse.
Au lieu de lui dire « Tu vas tomber » et de le protéger à tout prix, je lui disais « Je trouve ça dangereux, tu pourrais te faire mal, fais attention à toi ». Je ne sais si Petit Ginkgo est un enfant particulièrement raisonnable mais il a toujours bien évalué le risque en fonction de ses capacités. Plus tard, histoire de se prémunir en maximisant son aisance corporelle, il a été inscrit à la gym (qu’il adore !).

* C’est aussi donner le choix (enfin le sentiment du choix).

Au lieu d’imposer un vêtement, je lui donnais le choix entre 2, uniquement 2, pas plus. Il était content d’avoir son mot à dire et moi j’étais contente qu’il soit habillé correctement !

C’est très difficile pour un petit enfant de choisir parmi un large panel. Un choix restreint l’aide à exercer ses préférences.

* A propos de nourriture, il faut savoir qu’un enfant ne se laisse jamais manquer. (à moins d’une grosse pathologie rarissime)
Donc fort des comédies que j’avais observées avec d’autres enfants, je ne lui demandais qu’une chose : gouter. Et  sans pression, souvent il trouvait ça bon et mangeait.
Le repas ne s’est donc jamais transformé en un rapport de force. Il a toujours mangé de tout (à part les champignons) sans problème.

L’absorption de nourriture est en rapport avec la relation affective au parent. C’est un moyen pour eux de se faire entendre. Ne pas aller au conflit sur ce sujet neutralise le rapport émotionnel et dédramatise l’aliment. Si nous ne l’avons pas perturbé avec des apports trop sucrés, voire déséquilibrés, l’enfant sait naturellement ce dont son corps a besoin. Il faut savoir lui faire confiance. Cependant goûter et regoûter est essentiel pour moi afin de laisser une chance à l’enfant de changer d’avis sur un aliment, en grandissant.

* Écouté et valorisé, il est devenu un enfant plutôt facile.

Et pourtant ce n’était pas une évidence, à la base, avec son fort caractère.

Serial fantasmes – 4, Petit précis de Grumautique, 14-04-2011

* Vers 18 mois, je me suis aperçue que je passais mon temps à lui dire NON.
« Ne touche pas à ça, ne fais pas ça, NON, NON, NON ! »

A force d’imposer systématiquement ma vision en tout, comment voulez vous qu’il cerne les choses importantes. J’ai donc pris un peu de recul, en hiérarchisant mes priorités :
Certes je n’aimais pas qu’il touche à telle ou telle chose, mais étaient-elles réellement fragiles ? Non. Pourquoi l’embêter avec ça ?
J’ai réservé mes NON à la sécurité immuable et aux choses essentielles, ce qui leurs a rendu le poids qu’ils devaient exprimer.
Pour le reste, j’ai mieux expliqué, sans délayer.

En fait, nous tendons à exprimer les interdits de façon positive car la négation n’est pas encore intégrée dans le cerveau de l’enfant de 3 ans. « Reste sur le trottoir » plutôt que « Ne va pas sur la route ». Pour la sécurité, nous utilisons essentiellement le mot « STOP » qui est net.

Et puis, c’est agaçant, ces parents qui ont toujours raison. Il faut bien que les enfants gagnent de temps en temps (même si vous pensez que c’est pour des broutilles ! Justement pourquoi le parent s’arrête-t-il à des broutilles ?)

Pour exemple, s’il ne veut pas se mettre en pyjama et bien tant pis qu’il dorme tout habillé. Pas de prise, pas de crise. Qu’il fasse son expérience !

* Le nourrir intellectuellement !!

Lorsque qu’il multipliait les bêtises, Petit Ginkgo ne faisait que des expériences pour comprendre le monde qui l’entoure (verser tout le shampoing dans la baignoire. Si si, c’est une expérience et non une bêtise dans sa tête). Il était curieux du monde et voulait voir comment il pouvait interagir avec.

Alors, je lui ai donné quelques trucs à faire : transvaser de l’eau colorée avec des brocs dans une bassine, trier des haricots, m’aider à faire la vaisselle ou la cuisine, mettre des boulons sur des tiges filetées, etc (du quotidien et des activités Montessori, histoire d’occuper son corps et son cerveau).

Impliquer l’enfant dans nos travaux quotidiens est un grand bonheur pour lui/nous et lui permet d’apprendre sans heurt et sans s’en rendre compte. Cela montre aussi toute l’affection et la confiance que nous lui accordons.

La période des bêtises s’arrêtait d’elle-même.

* Le secret des courses avec un Petit Ginkgo de 2-3 ans était de le prévenir avant de rentrer dans le magasin.
« On vient ici pour acheter de la nourriture. Je n’achèterai pas jouet. Si tu commences à faire une colère, je te ramène tout de suite à la maison ».
Je n’avais donc qu’à faire des gros yeux et dire convaincue « Attention, je laisse le caddie et on rentre ».

S’il avait vraiment poussé, je serais allée jusqu’au bout puisquil faut toujours tenir ce que l’on promet, peu importe le souci perso que ça engendre.

Les éducateurs éclairés diront que l’enfant a aussi besoin d’exprimer ses envies et qu’il faut entendre ses frustrations. Certes, sauf qu’après une journée de travail, certains parents (dont nous faisons tous parti un jour ou l’autre) ont besoin d’aller au plus simple.

Le super-marché est sur-stimulant pour l’enfant qui ne fait pas encore le lien entre ce qu’on lui demande et l’envie irrépressible qui monte en lui. Il n’a tout simplement pas les moyens de se maitriser. L’idéal serait de ne pas l’emmener au magasin. L’alternative est de sortir du super-marché pour supprimer le stimulus et le câliner lorsque la crise apparait.

* Ensuite, j’ai privilégié les transitions pour qu’il ne se sente jamais dépourvu.
L’idée est de toujours garder intact un sentiment de sécurité et de confiance en ses parents. Pour cela, les parents ne doivent jamais le mettre dans des situations qu’il ne saurait pas gérer émotionnellement.

Typiquement, lui qui passait sa journée chez une formidable nounou, vers 2 ans, démarre une journée par semaine en crèche pour l’habituer aux groupes, avant l’école. Vers 3 ans et demi, il n’allait à l’école que le matin, car il avait besoin d’une vraie sieste, impossible à faire correctement à l’école. Peu importe les contingences matérielles, nous avons trouvé des solutions.

Il était prêt et propre dès 2 ans, il aurait pu aller à l’école très tôt mais pourquoi se presser et le mettre dans des situations déstabilisantes.

Il valait mieux qu’il se pose tranquillement dans la vie. C’était comme ça pour la plupart des évènements.

Du coup, même avec un déménagement et 3 écoles différentes en 12 mois, il s’est toujours très bien adapté partout. Sans pleur, sans cri, serein.

Dans le genre transition : nous l’avons aussi beaucoup fait parler quand j’étais enceinte, afin de préparer l’arrivée de Petit Biloba, son petit frère.

Il ne m’avait jamais effleuré ce qu’expliquait un psy : parfois les ainés pensent que les parents font un autre enfant parce que le premier (eux !) n’est pas assez réussi.

J’ai donc répété à Petit Ginkgo qu’il était vraiment l’enfant que nous attendions, que nous étions très fiers de lui et que nous l’aimions.
Et bien, comme par magie, lui qui était fâché que je sois enceinte, a changé du tout au tout.

Mytho, Petit précis de Grumautique, 21-01-2013

Globalement, je me suis mise à l’écoute, en mode observation des comportement et décryptage des émotions, lui ai dressé un cadre assez large pour qu’il ait le sentiment d’être relativement libre, tout en restant intraitable sur les choses que j’estimais importantes.

J’ai tenté de lui fournir des mots pour exprimer ses émotions. Je l’ai encouragé vers l’autonomie physique et émotionnelle. Je l’ai nourri intellectuellement et corporellement. Et j’ai fait en sorte qu’il ait confiance en nous et ait son petit mot à dire.

J’ai tenté de gérer mes propres émotions en mettant une distance entre lui et moi quand la moutarde me montait au nez. Le temps de me calmer.
Et puis Skype était parfait pour voir un peu son père dans la semaine, en attendant le week-end.

Élever un enfant en conscience est évidemment un boulot de tous les instants, à tous les âges, comme vous le savez.
Je ne dis pas que Petit Ginkgo est bien élevé et ne préjuge pas de l’avenir. Toutes ces choses ont simplement bien marché avec lui. Il est plutôt bien dans ses baskets, c’est déjà ça. »

Et je réinvente tout … tous les jours … avec Petit Biloba !

Published inAu fil des jours...MaternagePédagogie

6 Comments

  1. Pas de procès. Je l’ai constaté vraiment.
    Miss Je le vaux bien est juste particulièrement occupée.
    Elle aura au moins lu 2 – 3 choses et y reviendra surement un jour.

  2. Tu me fais là un mauvais procès…c’est juste le contraire que je disais, ou je me suis mal exprimée. Tu es plus que ‘in the fashion’ à mon avis tu précurses…(Je sais ça n’existe pas, mais ça me conviens). Beaucoup de parents, formatés justement, feraient bien de venir te lire…quelque soit leur âge. J’en appelle au témoignage de Bulle!

  3. J’ai en effet le sentiment que beaucoup de lecteurs ont un peu plus de bouteille que moi.
    J’en déduis que je suis old fashion !!

  4. C’est sans doute vrai, mais à part les parents intéressés par ton fil Montessori par exemple, ce sont le plus souvent des personnes plus âgées que toi, qui viennent prendre de la graine de jeunesse sur ton blog.

  5. Tu as raison, il y a tellement à dire sur le sujet.

    Mais d’autres parents parlent bien mieux que moi de l’éducation dans leur blog.

    Merci pour le compliment. L’idée était que cela amène quelques pistes à d’autres parents qui se poseraient des questions.

    A défaut des potes !

  6. Merci Capsicum pour ce superbe (même si concis) manuel d’éducation, si on peut employer ce mot pour ce que tu fais. Il vaut à lui tout seul un blog sur le sujet, et pourrait rendre service à de nombreux ‘nouveaux’ parents…

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