Les larmes coulent sur la joue de ‘Miss Jelevauxbien’ alors qu’elle m’explique combien son travail dans le luxe ne revêt plus vraiment de sens.
L’urgence est une habitude, ponctuée d’une montagne d’emails et de notifications, que certains collectent pour montrer l’incompétence de leurs collègues.
Elle se pose de plus en plus de questions sans avoir le temps d’y répondre, vampirisée par ses deux enfants et ce poste si valorisant en terme de responsabilités bien payées.
« Après tout » me dit-elle « Ce que je fais n’apporte rien, n’aide personne. »
Et puis, elle aborde les placards dans lesquels sont poussés les cinquantenaires de la boite. Un usage courant qui l’interroge plus elle vieillit.
Le discours est ponctué de
« Il faut bien le reconnaitre, il y a quand même des avantages … »
Quel étonnement pour votre Capsicum d’entendre un tel discours dans la bouche de ‘Miss Jelevauxbien’ !
Il y a 10 ans, je lui confiais mes doutes sur l’utilité de travailler pour une industrie pressante et oppressante.
Je voyais bien que cette voie heurtait mon éthique et ma quête de sens.
M’écoutant à demi, ‘Miss Jelevauxbien’ restait incrédule, ambitieuse liée à son entreprise par une sorte de loyauté infaillible.
Au moment ou j’expliquais qu’aucun scrupule ne me retiendrait à prendre un congé sans solde pour explorer le monde, elle me répondait :
« Mais comment peux-tu envisager de mettre ton boss dans une telle situation ? »
Mettant mon affection pour elle et KiteParrain au dessus de toute incompréhension, j’étais passée à des sujets moins ‘lifestyle’.
Aujourd’hui, le chemin qu’elle a parcouru rejoint la droite ligne que j’ai suivie depuis une décennie.
Encore une, tombée dans cette prise de conscience générationnelle !
A moins que ce ne soit la crise de cette quarantaine bientôt proche.
– Et si tout était possible, dans quel domaine te verrais-tu exercer ?
– Dans, le bien-être, je pense. Répond-t-elle
A ce moment, sans comprendre pourquoi, ses mots déclenchent en moi une réaction mi-orgueil/mi-panique à l’origine d’une sorte de cristallisation.
L’impureté nécessaire venant déstabiliser l’équilibre physico-chimique. 😉
Quelques jours plus tard, le libellé d’une profession me saute au yeux comme la dernière pièce manquante d’un puzzle commencé depuis bien longtemps.
Pour la première fois depuis des années, j’ai l’impression :
– de savoir quel métier je veux vraiment exercer,
– d’estimer que j’ai la plupart des pré-requis pour m’y faire une place,
– et d’être apte à m’y épanouir grâce à la variété possible et à l’indépendance.
Un espoir pro nouveau est né en même temps que l’année nouvelle 2017.
Enthousiaste à répétition, j’espère que le soufflé ne retombera pas comme d’habitude.

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