East Richmond, je n’aurais manqué le cours hebdomadaire pour rien au monde.
A en pleurer, si malencontreusement en retard, l’accès m’était refusé. Soumise aux règles strictes d’une véritable école de danse, les taps étaient devenues pour moi une expression addictive. Le parquet, caché sous la moquette de cette sympathique maison melbournienne peut probablement encore en attester !
Comme un amour de jeunesse, j’y reviens encore et encore …
Aujourd’hui le prof n’a pas l’air frondeur, ne porte pas des boots aux pieds et n’a pas la ligne Cats à son CV. Il est pourtant reconnu, le rythme chevillé au corps et pas que pour la salsa. Le mec est doué, précis et exigeant. Exigeant, voilà ce qu’il me faut, en vraie siphonnée du bocal que je suis.
L’autre soir, j’ai arrêté de compter, seule l’oreille guidait mes pas.
De retour en France, tous les cours, plusieurs fois par semaine, étaient ma seule échappatoire au gris quotidien des candidatures spontanées. La salle de danse classique au fond d’une arrière-cour, me laisse encore un souvenir de chaleur humide et bordelaise. Réunir grande bourgeoise et artiste percée sur la même musique relevait de la performance. C’était sans compter sur l’ambiance acharnée de cette époque et la convivialité du prof pour limer les disparités. Une fête de la musique mémorable … à se produire en public.
Mon pied droit a grossi en 9 ans.
Et puis, il y eu les cours sans intérêt de cet autre prof, si narcissique, qu’il perdait ses élèves, un à un, sans même s’en apercevoir. Abandonnant le navire le plus vite possible, je fus repêchée, l’année suivante, trois rues plus loin, par un performer de Lord of the Dance. Cependant, le gros ventre aura raison de ce nouvel engagement rythmique. Le certificat médical précieux sésame ne voulant pas être délivré. Et pour cause …
Aujourd’hui, le maître de danse Exacting Bob, estime que les adultes sont responsables.
Leur crise cardiaque leur appartient !
Il commence à me plaire celui là. 😉

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