Mon bonheur procède de tout ce qui ne peut s’acheter, de tous ce qui n’a pas de prix, des choses simples que je vis au jour le jour, dans le ciel comme sur la terre ; il surgit de la vision du monde entier qui défile sous mes ailes, des rencontres incessantes avec les hommes, de la satisfaction intime d’avancer vers mon but, de ce trait rouge qui se trace lentement sur ma carte.
Ce bonheur des choses immatérielles est des plus vifs et des plus sains. Et j’en viens à me dire que, décidément, les hommes s’angoissent pour rien dans leur désir de possession ; et avec d’autant plus de déraison qu’ils sont repus et craignent de perdre cette opulence dont ils n’ont parfois plus conscience. J’essaie de ne jamais oublier qu’il est des pays comme chez Suleyman où quelques litres d’eau valent le poids de l’or dans le désert, et d’autres où elles coulent à flot sans rien dire à personne.
Patrice Franceschi,
Avant la dernière ligne droite, Editions Arthaud, p432
Voilà exactement ce que la Mongolie m’a inspiré dans cet esprit de Simplicité Volontaire.
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