Je ne sais pas si cela a été votre cas, mais je me suis aperçu assez tôt que, pour accomplir ce que j’avais à accomplir, le temps m’était compté. C’était une prise de conscience, comme une sorte d’injustice de la vie. J’ai compris alors que je devrais toujours tenir compte de ce rapport au temps. Et en être économe. Le seul gaspillage que je ne devrais jamais consentir serait celui du temps. Mes vrais ennemis aujourd’hui sont ceux qui me prennent mon temps pour n’en rien faire.
Je me suis mis très jeune dans une posture personnelle par rapport au temps, me faisant l’obligation de vivre chaque instant de manière absolue, c’est à dire de le vivre à la fois dans le passé, le présent et l’avenir. Vous ne pouvez imaginer les efforts désespérés que je fais toujours pour donner cette dimension au temps, pour faire de chaque moment de vie cette somme des actes du passé, de ceux vécus au présent et du rêve de ceux de l’avenir. J’échoue le plus souvent.
Patrice Franceschi, De l’Esprit d’aventure (Editions de L’Aube, p 94)
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