… Je vous parle d’un temps
Que les moins de 15 ans
Ne peuvent pas connaître
Fourvière en ce temps-là
Accrochait ses lilas
Jusque sous nos fenêtres …
Je vivais alors au Foyer Parchet, un foyer de jeunes filles tenu par les formidables sœurs de Jésus-Marie ‘à la retraite’, installées sur la colline qui prie à Lyon.
Chaque soir les nanas attendaient leur tour de parole à la cabine téléphonique du rez- de-chaussée.
Patienter, alors que cette petite blonde était en pleurs au bout du combiné, alors que cette brunette susurrait des mots coquins à l’élu resté là-bas, alors que cette bouclette éclatait de rire. Mais combien de temps encore ?
Basilique Notre-Dame de Fourvière
– Photo Daniel Nio ?
Une à deux fois par semaine, je préparais ma pièce de 1 Franc pour sonner chez mes parents qui rappelaient ensuite. Les soirs de cafard leur voix bienveillantes me redonnaient suffisamment d’allant pour continuer mon aventure. Par ce fil invisible, j’étais rattachée à mon enfance alors que je prenais mon envol sans retour. Les soirs de folie, c’est à peine si je pensais à appeler. Les enfants sont si ingrats ! 😉
C’est ainsi que naquit ‘le coup de fil du dimanche soir’ …
A maudire celles qui frappaient à la porte après 3 min de conversation et celles, qui passé 20 min, ne lachaient plus la ligne, on apprend la tolérance ou la misanthropie !
Refait à neuf …
Oiseau de nuit, je déplorais un couvre feu dont l’heure fixe avait pour conséquence, la fermeture à clef de la précieuse porte sur l’ailleurs. Trop tard …
Un soir, au diner, la sœur directrice pris la parole : « Nous souhaitions vous consulter sur la possible évolution du téléphone à pièce en téléphone à carte ! ». Cela me fait encore sourire aujourd’hui, alors que toute la France vivait, depuis déjà quelques années, à l’heure des cartes téléphoniques.
Cela n’arrangea pas les fils d’attente qui gravement me saoulaient.
Y’a-t-il encore une cabine téléphonique au Séminaire Saint-Irénée qui vient d’ouvrir ses portes dans cette bâtisse du XIX ème flambant neuve ?


[…] quelle différence avec cette amie que je ne côtoyais qu’entre les quatre murs du Foyer Parchet et qui selon ma théorie, il y a 16 ans de cela, n’avait aucune existence en dehors de cette […]
A l’époque, la cabine était un petit cagibi dans le hall d’entrée du bâtiment.
Mais bon … autres temps, autres mœurs …
renseignements pris auprès de monsieur google maps, il n’y a pas de cabine près de la rue des Macchabées, mais comme tu dis, le mobile a atteint sa majorité, et ce ne serait pas rentable…