La pluie tombe lourde et serrée brouillant la visibilité.
Pourtant je me sens détachée de ce mois de novembre en été. J’apprécie ces pluies à 20°C, [elles sont teintées d’un brin d’exotisme] surtout quand c’est pour s’enfermer une journée durant derrière un ordinateur. Il faut bien qu’il y ai quelques avantages à ces postes sédentaires …
Arriver avant la cohue, quoiqu’elle soit minime en ce mois de juillet, apaise déjà ma journée. Le fait de ne pas pointer me rappelle le temps de mon statut de cadre. Petit à petit, je m’habitue à faire parti d’une organisation, d’une société. Et j’avoue que l’esprit ‘Corporate’ fait du bien à l’électron libre que j’ai été ces dernière années. C’est reposant.
Gene Kelly, Singing in the rain
Mais pourquoi les portillons sont-ils fait pour les droitiers ? Il m’arrive régulièrement de voir s’ouvrir le passage à ma gauche, après avoir badgé de la mauvaise main. (pas de mépris, je vous prie !)
L’architecture de ce bâtiment a quelque chose d’un riad, au delà de ses parois de verre. L’ascenseur remplace la fontaine alors que la longue jungle intérieure apporte la fraicheur. L’atrium me plait. D’autant que passer du rez de chaussée au 5ème étage offre une traversée intérieure-extérieure un brin jamesbondesque (j’invente des mots si je veux) dans un repère de méchant. Être propulsée chaque matin à travers le plafond a quelque chose de futuriste.
Aujourd’hui, la cerise sur le gâteau réside en la galante attention d’un homme (qui s’avère n’être rien que le CEO de la filiale-sœur) se détournant de son chemin pour m’ouvrir la porte de l’étage. (Il a du voir 😉 que j’avais fondu de 2 kg !)
Voilà tant d’années que j’avais perdu ce privilège.
Photographe ?
Après un peu plus de deux mois, les rouages sont devenus familiers et les collègues se confient plus personnellement. Les dernières résistantes à ma sympathie capitulent, me confiant l’une : quelques aigreurs relationnelles (j’aurais du faire psy), l’autre : le retour de bâton d’une action de réseau social d’entreprise ayant porté ses fruits jusqu’au plus haut niveau décisionnel.
L’intégration est maintenant réussie.
Le rythme ne me peine plus autant et je me surprends parfois à imaginer rester un peu plus …
Quel revirement de situation pour quelqu’un qui y venait à reculons (on ne pourra pas dire que je suis butée) ! Le Grand Méchant Loup m’a finalement séduite malgré ses travers inhérents aux organisations internationales modernes et la perte d’un esprit familial que les anciens regrettent.
Tiens, un lutin a déplacé la poubelle cette nuit. Les quelques pièces tombées du puzzle ‘planète’ -que le dernier alternant m’a légué- me mettent sur sa piste. Il y a vraiment des métiers aux horaires à la con. Cesse de chercher le boulot idéal Caps.
Il reste JUSTE à découvrir la meilleure voie professionnelle atteignable (sous l’angle du Candide de Voltaire caricaturant, le providentialisme de Leibniz) …
… et la convalescence post-congé parental prendra fin.


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