Quand j’étais toute jeune fille, mon père m’a dit un jour que l’amour n’existait pas, que seul le désir pouvait nous le faire croire.
Une chose est sûre mon esprit n’a jamais été pollué par la quête irréaliste du grand amour ou du prince charmant ! « Ils ne se marièrent pas mais furent très heureux, bien qu’ils hésitèrent à avoir beaucoup d’enfants. » 😉
Ne prenant jamais rien comptant, j’ai laissé la vie m’amener à étudier ce postulat.
L’existence est faite de rencontres, plus ou moins fortes, mais cela n’est pas suffisant à l’alchimie …
L’intensité d’une relation dépend aussi de son contexte.
La passion semble souvent proportionnelle à la complexité de la situation (guerre, éloignement, interdits, dénuement, etc). Les conditions difficiles démultiplient l’attirance. Comme si l’ardeur s’apparentait à un puissant instinct de vie au cœur des plus rudes expériences.
Les milieux clos, physiquement ou intellectuellement, contribuent aussi au développement de ces élans.
Mais une rencontre et son environnement ne suffisent pas non plus …
Il faut surtout que les deux personnes en présence portent un certain état d’esprit, conscient ou inconscient : la certitude d’être libre de soi-même et de tendre à vivre pleinement.
Apparté :
Il n’est pas question ici, d’une excuse éculée du « Carpe Diem » trop souvent détourné aux seules fins du plaisir, mais bien d’une liberté d’esprit qui ne comprend rien aux principes de l’appartenance à l’autre. On rejoint ici la notion de fidélité telle qu’elle est énoncée par notre culture judeo-chrétienne.
Qui peut objectivement promettre de « s’aimer
jusqu’à ce que la mort les séparent » ?
Lorsque ces trois éléments (la rencontre, le contexte et la liberté d’esprit) sont en présence, il arrive qu’ils donnent naissance à trois mouvements : celui du cœur, celui du corps, voire les deux associés. Le tout à des dosages très variés.
C’est ce qui fait que « l’Amour » au sens large est toujours différent. Une même personne peut être portée par une forte relation platonique, un désir charnel intense, une passion dévastatrice comme une alchimie parfaite …
… et parfois même … simultanément !
Apparté :
Je suis toujours dubitative quand on m’explique que si on se laisse séduire par une autre personne, c’est que l’histoire « officielle » bat de l’aile.
Il me semble que les propagateurs de cette théorie ne considèrent que le cas hasardeux du « Grand Amour ». Quel est le pourcentage des gens qui vivent avec cette Arlésienne pour pouvoir affirmer cela ?
Il suffirait de citer La Rochefoucauld pour assoir cette pensée : « Il est du véritable amour comme de l’apparition des esprits: tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu. » Maximes
Les histoires étant si dépendantes des situations et des personnes, qui peut croire que les sentiments sont aussi monogames que nos lois ?
« Est-ce qu’on est maître de devenir ou de ne pas devenir amoureux ? Et quand on l’est, est-on maître d’agir comme si on ne l’était pas ? »
Denis Diderot, Jacques le Fataliste et son maître
La vie m’a appris que dans une relation, seul est constructeur l’équilibre entre le cœur et le corps, entre la raison et la passion, entre la liberté et la confiance.
Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas vivre les états extrêmes 😉 car ils font partis des expériences et plaisirs de la vie (même douloureux) qui sont d’éminents vecteurs de connaissance de soi et de ses limites.
C’est aussi ce qui nous rend vivants !
Je n’adhère donc pas au postulat initialement cité, même si la chimie de l’amour est bien moins poétique que le sentiment lui-même, et même si le désir en est indissociable, à mon sens !
Non, non, pas d’infidélité à justifier !!
Juste une réflexion qui s’affranchit du manichéisme ambiant …
****************
Parfaites illustrations : César & Rosalie ou plus récemment et sous un autre angle Une rencontre qui touche aussi un peu à l’autre registre La Fidélité
Ce sujet fait parti d’un thème plus général : celui du ‘Désir’, parfaitement soutenu par :
« Au cœur de notre propre énigme, se forment nos désirs les plus essentiels. Toutes les morales sont extérieures à nous. La seule éthique véritable est la fidélité à notre intégrité. Idéalement, notre vie devrait rayonner autour d’une évidence première qui nous porte. On peut passer sa vie à la chercher. Mais on acquiert une véritable liberté quand nos désirs ne sont pas mimétiques, mais essentiels. Seul le choix que nous faisons de nous-mêmes doit nous construire. Seule une certitude intérieure doit nous guider. Vivre intensément, c’est être soi-même. »
Polyamour, amour libre et respect de ses propres besoins :
https://youtu.be/sRgRtKsULS0
Ce que tu décris là, ce n’est pas l’Amour … c’est la Passion.
Il y a plein de nuances de gris entre le Noir et le Blanc.
Mais en effet, l’amour « C’est pas pour la vie, c’est pas pour faire direct une tripotée de chiards, c’est pas pour s’échanger des bonnes recettes de cuisines ou des bouquins à partager » mais je ne vois pas où tu as péché ça ? Ce n’est pas moi qui ai pu dire ça.
Bonjour,
J’ai rien compris ! Moi j’ai été amoureux plusieurs fois, et à chaque fois c’est pas du tout comme tu dis. C’est pas pour la vie, c’est pas pour faire direct une tripotée de chiards, c’est pas pour s’échanger des bonnes recettes de cuisines ou des bouquins à partager. L’amour c’est sans conditions, sans projections, sans pollution. L’amour c’est le coeur qui vibre à 10 000 en attendant un appel, c’est le désir de prendre l’autre sur la table du resto, c’est le partage de l’instant présent à 100%. On ne pense pas aux autres quand on est amoureux. On ne pense pas à soi même. On pense à lui, à elle et tout ce qu’on fait à rapport à eux. L’amour ca dure pas toujours, même souvent qu’un an ou deux. Après cela on peut choisir de vivre avec la personne qu’on aime plus et faire n’importe quoi. c’est un choix.
En relisant, je constate que mon esprit est bien plus clair que mes écrits !
Pour ce qui est de Rosalie … « Pourquoi tu penses que rosalie revient finalement rendre visite a cesar »… ?
??
Théorie de l’Attraction est si généraliste qu’est bien sage celui qui décèle cela !
César & Rosalie est une jolie illustration des sentiments polyandres, aussi complexes qu’ils puissent l’être dans la réalité, et sans jugement de valeur (trop rare pour ne pas le noter). Le manichéisme n’a pas sa place. Pour le reste …
… Même si la scène finale (extrait sur le post César & Rosalie) ne contredit pas ton observation puisqu’elle voit le retour de Rosalie … vers César … David !?
ah oui, j’ai oublie de te demander pourquoi tu penses que rosalie revient finalement rendre visite a cesar?
(pas d’accents sur mon clavier)
si tu passes sur grenoble 1 jour,
je serais ravi de partager nos vues sur la question autour d’1 cafe.
j’aime bcp comment tu dis simplement des chose si compliquees pour moi, mais je ne suis pas tjs d’accord
Vous l’aurez compris je ne fais aucunement l’apologie de l’infidélité …
Cependant on oublie un peu trop souvent que personne n’appartient à personne ! (même par contrat !!)
En gardant cela à l’esprit, on prend peut-être mieux soin de l’autre et on est d’autant plus capable de ne pas céder à la résignation.
C’est si simple en étant célibataire et en effet si compliqué lorsque l’on est en couple !
Mais qui est à l’abri de ressentir des émotions qui nous dépassent, à des moments inopportuns ? Cela arrive, c’est tout !
Doit-on se nier ou s’y vautrer ?
Discerner l’éphémère du constructif est essentiel. Tout dépend de ce que l’on est lucidement prêt à vivre. Savoir profiter de la vie mais surtout ne pas se fourvoyer. Rester en accord avec soi-même et respectueux, quoique la bonne société en pense.
Beaucoup de gens vivent la vie telle qu’ils l’ont choisie à 20 ans. Mais après quelques années, certains se sentent piégés par un serment. Se posent-ils même la question ?
Il arrive aussi que d’autres n’aient pas le choix de partir pour des questions pécuniaires, de courage, de peur des représailles ou simplement pour les enfants. Je ne juge aucunement. Chaque histoire est si différente.
Mais pour ceux qui choisissent de vivre leurs sentiments ou leurs pulsions, ce qui m’agace est l’hypocrisie ambiante.
Sans coquetterie et en toute honnêteté, je ne comprends juste pas que l’on puisse exiger la fidélité de l’autre. Du coup, où commence l’infidélité alors ?
La seule règle essentielle est de ne pas faire souffrir l’autre gratuitement, par repentir, par indécision ou par idiotie compulsive.
Et bien sûr, la théorie … est une figure de style ! 😉