Les enterrements offrent des émotions tellement ambivalentes.
Elles oscillent entre peine envahissante au point de se retrouver sans voix au moment de rendre hommage et réel plaisir de retrouver ceux que l’on a pas vu depuis si longtemps.

« Soir d’hiver, la table aux assiettes bleues est dressée. Une odeur de soupe aux vermicelles s’échappe de la cuisine où un torchon-calendrier est punaisé au mur.
Vous y êtes là ?
Il y avait de la convivialité dans ta maison, comme dans ton cœur.
- Que le livre familial commence par une page blanche, dès ta naissance, n’a jamais paru t’affecter.
Seule une fois, ta voix a trahi un brin de déception en apprenant que ton dossier de l’Assistance Publique ne contenait aucune réponse à l’absence.
Ton enfance est une sacrée leçon de résilience.
- Tu m’as confié que jeune femme, tu avais éprouvé la constance des sentiments du jeune Charles qui te courtisait, afin de t’assurer de sa fiabilité.
Et tu ne t’es pas trompée !
Il était ton Nord, ton Sud, ton Est, ton Ouest.
- Combien tes 4 filles étaient importantes pour toi.
Pourtant, ce n’est pas toujours simple d’exprimer son affection quand on n’en a pas reçue soi-même.
Toujours aussi courageuse, te retroussant les manches, tu t’es dévouée à la jolie famille que vous avez construite ensemble.
- Et puis quel regard bienveillant et tendre tu posais sur nous, tes 9 petits-enfants, qui maintes fois avons retourné les cailloux de ton jardin, à la petite cuillère, ou boulotté les fraises de la butte.
Tu sais quoi ?
On sautait sur les lits aussi !
- La disparition de Pépé, puis celle de Paddy ont été des douleurs incommensurables.
Tes filles et le goût pour les choses simples t’ont aidée peu à peu à retrouver une certaine joie.
- Je te revois absorbée par la lecture matinale de ton journal, avant d’humer les fleurs de ton jardin.
Quel sourire quand tu te baignais dans la Méditerranée !
Et puis, je ne me lassais pas de ton regard pétillant à l’évocation de l’ambiance ‘Colonie de Vacances’ de tes voyages à travers la France et l’Europe.
- Du coup, me reviennent en tête les innombrables fou-rires des parties de 1000 bornes, des lits en portefeuille et des sucres farceurs dans le café.
Tu aimais tellement rire.
- Née au surlendemain de la 1ère Guerre Mondiale, tu as vécu un siècle FOU avec force et une admirable détermination à toujours aller de l’avant.
Tu savais instinctivement profiter de l’instant présent.
De tes propres mots, tu estimais avoir eu une Belle Vie.
Alors, pars en paix retrouver ton amour.
Nous t’aimons. »
Les cousins ont souri …

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