Skip to content

Avortement – Episode 2/7

Le jour est enfin arrivé.

Aujourd’hui elle devrait prendre la mifépristone pour cesser la duplication des cellules … enfin tuer l’œuf quoi.

Non qu’elle s’en réjouisse, bien au contraire, mais peut-être sera-t-elle libérée de cette tension qu’elle ressent depuis des jours, due au caractère urgent des démarches afin de respecter le délai de l’IVG médicamenteuse, soit 7 semaines d’aménorrhée.

comprimé

L’IVG instrumentale est une intervention plus lourde qui nécessite une anesthésie locale. Sachant que la limite pour pratiquer cette IVG est 14SA, les délais d’attente sont aussi plus longs.

Soulagée d’obtenir un rendez-vous pour l’échographie de datation de la grossesse chez Private Practice à la lyonnaise, elle avait du coup appelé  le service d’orthogénie de la même clinique privée.

Si cette structure étaient arriérée pour donner la vie, elle ne devrait pas avoir trop de difficultés à être meilleure pour l’ôter !

Une dame rassurante lui avait donné un rendez-vous pour 2 jours plus tard.
En réponse à l’urgence des 7SA et aux précisions que la femme souhaitait obtenir sur le déroulement des rendez-vous, la personne au bout du fil lui avait seulement dit :

– Ne vous inquiétez pas, je vous expliquerai tout, lors du rendez-vous dans 2 jours.

En parallèle, la femme obtenait un rendez-vous d’échographie plus rapide à la clinique Mermoz. Elle rappelait donc le lendemain la dame du service d’orthogénie du Private Practice à la lyonnaise pour faire progresser le processus au plus vite et tenter d’avancer le rendez-vous puisque le délai par voie médicamenteuse devait expirer dans 3 jours.
Elle laissa un message.
Elle ne fut pas rappelée.

La structure est sûrement surbookée ou la clinique privée va peut-être jusqu’à 8SA, comme l’avait rassurée l’échographe si compréhensive qui l’avait prise en plus de ses patients.

Mais 2 jours plus tard, quand la femme trouve enfin le bureau d’orthogénie après s’être plantée de bâtiment, elle comprend au bout de 2 min que l’entretien ne prend pas la tournure escomptée :

rdv

– Mais Madame, n’allez pas trop vite, nous avons tout notre temps.
Il faut d’abord que je remplisse toute la feuille avec vos informations.

Vous avez une mutuelle ? Parce que vous êtes dans une clinique privée. Il faut que vous puissiez payer.
– Oui, mais si je comprends bien, je ne vais pas voir un médecin aujourd’hui ?
– Non, mais c’est dingue de penser qu’une IVG se fait en un claquement de doigt.
– Vous savez bien que ce n’est pas le cas puisque je vous ai appelé deux fois en vous expliquant pourquoi j’avais besoin d’un rendez-vous rapidement afin de débuter le protocole dans le délai de 7SA pour la procédure médicamenteuse. Là, le délai va être dépassé !
– Je ne vous ai pas rappelée parce que de toute façon, ça n’aurait rien changé. Vous ferez un curetage de toute façon.
– Je vous ai expliqué, il y a 48h que je voulais la voie médicamenteuse.
– Ah bon, vous voulez absolument prendre les comprimés ?
– Je me tue à vous le dire.

La femme tente de ne pas sortir de ses gonds alors que cette dame vient de lui faire perdre 48 précieuses heures et se permet de lui faire la leçon sur le fait qu’il ne faut pas se précipiter d’avorter. Non seulement cette désinformation quand à leur procédure d’IVG est une prise d’otage caractérisée, mais elle est assaisonnée d’un discours moralisateur.

Cette dame l’aurait fait exprès, pour que sa clinique compte un acte chirurgical chèrement facturé, qu’elle ne s’y serait pas prise autrement.

– Dans ce cas, je vais tenter de faire du forcing pour vous, mais je n’aime pas ça !
– Merci.
– Il est midi et il va être difficile de joindre quelqu’un. De toute façon, ce sera un médecin de ville.
Nous ne pouvons pas ici.

Comment ? Ne pouvait-elle pas le dire dès le premier coup de fil, deux jours plus tôt ?
La femme enceinte est atterrée d’un tel comportement pour une professionnelle qui est supposée entourer les femmes, non les enfoncer.

La dame explique par téléphone à un médecin habilité que sa patiente « veut absolument le protocole médicamenteux » comme si c’était une hérésie et glisse à voix basse à la femme dans son bureau, en masquant le combiné :
– Je me démène pour vous !

La dame du service d’orthogénie envoie donc la femme voir un médecin de ville à 4 arrêts de tram de là, toute affaire cessante, en se targuant d’avoir sauvé la situation.

La femme effarée qui sort de la clinique se sent trahie, probablement manipulée pour une histoire de fric alors qu’elle vit une situation particulièrement éprouvante.
Comment est-ce possible ?

A 400 m de l’arrêt de tram, elle sonne, la porte de l’immeuble s’ouvre.
La gardienne, son balais à la main, lui indique le cabinet du médecin …

6 semaines et 6 jours d’aménorrhée.

Suite au prochain épisode
qui lui aussi vaut son pesant de cacahouètes !

Suivre le sujet : Avortement

Published inAu fil des jours...Connais-moi toi-mêmeGrossesseMaternité

One Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Laisser ces deux champs tels quels :

Protégé par Invisible Defender. 8 493 spammeurs ont vu s'afficher une page d'erreur 403.

*
To prove you're a person (not a spam script), type the security word shown in the picture. Click on the picture to hear an audio file of the word.
Anti-spam image