La porte s’ouvre avant que
la femme ne sonne au cabinet du médecin conventionné.
– Vous êtes qui ? demande le médecin
– Capsicum.
– Vous avez un portable ?
– Oui
– Alors éteignez-le. Vous ne rentrez pas sinon.
Et le voilà qui repousse la porte sur le nez de la femme, sans même un bonjour.

Il finit par revenir :
– Bon, vous venez me voir pour une IVG médicamenteuse mais là, je ne sais pas.
– Vous ne savez pas quoi ?
– Et puis, il est 13h et j’ai déjà quelqu’un.
Je ne vous recevrai pas aujourd’hui.
– Mais la dame de Private Practice à la lyonnaise m’a dit que vous m’attendiez.
– Vous n’avez qu’à revenir demain au rendez-vous donné.
– A quelle heure ?
– Cette dame ne vous l’a pas dit ? A 17h.
– Non, elle m’a dit que vous alliez me recevoir si je venais tout de suite.
– Oui mais non et puis je ne sais pas si je vais le faire.
– Ça va dépendre de quoi ?
– Je ne sais pas mais vous avez intérêt à être accompagnée.
– Je comprends mais ‘mon mari’ va justement garder les enfants.
– 6 semaines et 6 jours d’aménorrhée, vous êtes limites. On verra demain.
– Et ensuite, pour le deuxième comprimé ?
– Peut-être lundi, mais je ne sais pas si je vais le faire.
Prenez ce document et revenez demain, on verra.
La femme sort alors du cabinet dans une incertitude totale à propos de l’aboutissement ou non de cette IVG médicamenteuse alors que le délai légal pour une IVG chimique se termine le lendemain (7 SA). Cette douloureuse étape de sa vie est entre les mains d’un médecin soupe-au-lait et discourtois, en qui elle n’a aucune confiance.
La détresse de la femme est immense devant le mépris de ce mec, dans un moment si critique.
Ce praticien fait parti des médecins de ville habilités à administrer 600 mg de mifépristone (soit 3 comprimés à 200 mg) en une seule prise suivis 36 à 48 heures plus tard de 400 µg de misoprostol (analogue d’une prostaglandine) par voie orale.
Mais au delà de la formation médicale, il a probablement séché la formation psychologique dispensée par la même occasion.
Ou alors il est secrètement membre infiltré du mouvement pro-life.
La femme qui s’excuse chaque jour auprès de cet être qui continue à grandir en elle est effarée du comportement des professionnels qu’elle a eu le déplaisir de rencontrer ce jour.
Quels dégâts, en plus de l’acte en lui même, ces deux gougnafiers (consultante en orthogénie en clinique privée + médecin de ville habilité à administrer le protocole d’IVG médicamenteuse) pourraient engendrer sur une très jeune fille ou une femme seule et fragile ?
Finalement les pans de l’affaire ne s’agencent pas si bien.
La femme est toujours déterminée, puisqu’elle sait qu’elle ne surmontera pas une nouvelle grossesse, en l’état actuel des choses, mais pas à n’importe quel prix ou mépris.
Indignée, la femme n’a pas dit son dernier mot : elle ne laissera pas cette grave décision entre les mains de ce grossier médecin omnipotent, même si elle comprend l’hésitation de l’homme responsable.
Au point où elle en est, à peine sortie du cabinet, elle rallume le fameux téléphone dont les ondes effrayaient tant ce philistin de médecin, pour tenter sa dernière chance d’IVG médicamenteuse.
Qui sait !
6 semaines et 6 jours d’aménorrhée.
Suite au prochain épisode.
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Je pense qu’il n’a aucunement réfléchi qu’il stressait d’autant plus la personne en face de lui.
Il a surement fait des bonnes choses pour d’autres femmes mais là il aurait du prendre ses gouttes !
[…] Il doit bien y avoir un moyen de ne pas traverser l’épreuve avec ce désobligeant médecin. […]
Assez monstrueux comme comportement. Il faudrait qu’un jour il se mette dans la peau d’une femme qui se trouve en face de lui, qui doit faire cet acte dans le stress qu’engendre une telle situation.
On pense à toi , mais ce qui est terrible c’est que dans un tel moment, où l’accompagnement moral devrait être important, il y a cette impression de vouloir faire culpabiliser et bien comprendre qui décide………..
[…] au prochain épisode qui lui aussi vaut son pesant de cacahouètes […]