Il doit bien y avoir un moyen de ne pas traverser
l’épreuve avec ce désobligeant médecin.
Il faut tenter sur le champ une dernière option.
Pour une fois que son téléphone portable lui sert vraiment à quelque chose !
Dans sa boite mail, le matin même, le Planning familial lui avait fait savoir que HFME et l’hôpital de la Croix Rousse pratiquaient légalement le protocole médicamenteux jusqu’à 8 SA.
Elle aurait dû insister la première fois et rappeler HFME, malgré leur réputation d’être débordé, plutôt que de sauter sur le rendez-vous suffisamment rapide mais doublement foireux de la clinique privée Private Practice à la lyonnaise.
Face à l’agitation de la femme, la personne au bout du fil lui propose de s’asseoir (juste le temps d’arriver à sa voiture), avant de vérifier avec elle un à un tous les documents et éléments médicaux en sa possession :
– Attestation médicale de première consultation.
– Rapport d’échographie et vérification de la datation.
– Antécédents médicaux.
– Carte vitale, mutuelle et groupe sanguin.
Le cas de la femme rentre dans les clous, les barèmes et les plannings.
Ouf … une chance de s’affranchir du désobligeant praticien.
La personne lui trouve alors un rendez-vous s’inscrivant dans le nouveau délai pour la prise de mifépristone, en plus d’un entretien avec une conseillère et une psychologue.
Rendez-vous est aussi pris pour l’hospitalisation à l’occasion de la prise de misoprostol dans les 48h suivant la prise du premier comprimé.
Ce ne sera pas une partie de plaisir mais tout est précis, cadré, expliqué jusqu’au code des étiquettes patients à demander.
La femme souffle, apaise sa colère, même si elle en sera alors à … 7 semaines et 5 jours d’aménorrhée.
– Quelles sont les chances de réussite à ce stade ?
– Il y a 5 à 10% d’échec, mais on ne vous lâche pas comme ça !
Plus qu’à vivre comme si de rien était, d’ici là.
Parce que l’erreur initiale (mais laquelle ? Oui, je sais, ça ne fait pas sérieux de ne pas savoir …) commise avec son partenaire et qui a mené à la fécondation n’est pas assumée par la femme devant :
– sa propre mère qui ne comprend pas que « des accidents arrivent avec tous les moyens de contraception à disposition de nos jours »,
– sa belle-mère qui attend avec impatience un 5ème petit enfant,
– sa meilleure amie qui prend ce genre de personnes pour des écervelées,
– une autre amie proche pour laquelle toute vie est un cadeau de Dieu,
– et ses propres enfants à qui elle explique souvent qu’il faut respecter la nature : ne pas écraser les fourmis, les araignées, ni arracher les fleurs qui sont alors condamnées à mourir.
Elle ne veut pas leur donner cet exemple d’inconséquences.
Certes, l’avortement est légal mais loin d’être anodin.
Tout bien réfléchi, la femme préfère attendre que de subir.
Alors le lendemain, elle se permet d’appeler sans succès, puis d’envoyer un mail au grossier personnage qui l’a laissée dans une expectative insupportable afin de lui préciser qu’elle annule le rendez-vous donné, à cause de son comportement particulièrement discourtois.
A défaut d’excuses, il la remerciera d’avoir prévenu.
S’il est intelligent, il traitera avec plus d’égard la prochaine femme qui sollicitera son aide à ce sujet délicat.
7 semaines d’aménorrhée.
Suite au prochain épisode.
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