Attendre devient insupportable.
De plus en plus fatiguée, la femme se demande quelle différence il y a entre ces femmes qui congèlent leurs bébés et elle.
Une mère n’est-elle pas supposée protéger son enfant, pas le supprimer ?
D’après le mari, cela n’a absolument rien à voir.
Mais la femme pense que cela relève au moins d’une détresse initialement similaire, un rejet d’enfanter qui aboutit à la suppression du problème, trop tardivement cependant dans le cas des infanticides.
Alors quelle différence, au delà de la simple légalité ?
Au bout de deux jours, la fulgurance lui traverse l’esprit :
La différence, c’est le début et la fin de la grossesse.
Tuer un nouveau né relève du déni, de la dénégation qui font partie d’un ensemble de mécanismes de défense, qui mène à l’impensable.
Alors que l’avortement, lui, est plutôt issu d’une prise de conscience qui conduit à l’action, avant qu’il ne soit trop tard.
La différence, c’est aussi l’état de développement de l’être qui grandit au creux d’elles :
A 7 SA, on parle d’œuf au système nerveux immature.
Courbé sur la poitrine, l’embryon ressemble à un escargot qui s’enroule autour de sa colonne vertébrale. Le cerveau prend forme et se divise en 3 parties distinctes. Sur les côtés de la face, deux disques pigmentés apparaissent : l’ébauche des yeux.
Même si le cœur bât, ce sont 9mm maximum pour moins de 1g, à priori sans ressenti, sans conscience de ce qui se passe autour de lui.
Pas grand chose à voir avec un nouveau né, pétri d’émotions qui a besoin de se sentir en sécurité.
Reste en suspens la question d’esprit, d’âme …
… mais sa décision ne change pas.
7 semaines et 3 jours d’aménorrhée.
Suite au prochain épisode.
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