Un choc reçu mardi dernier, chiffres à l’appui.
La citation illustrant les premières images du documentaire que la neuro-psychologue dame rigolote me fait parvenir en sus, ce matin, est la suivante :
Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur,
Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toutes limites.
C’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus.*
Marianne Williamson,
A Return to Love: Reflections on the Principles of a Course in Miracles.

Ceci dit, hypnotisée depuis cet été par Usul, je n’ai pu m’empêcher de penser au Bene Gesserit et à sa ‘Litanie de la Peur’ écrite par Frank Herbert dans Dune et qui m’a aidé à sortir enfin de prépa :
Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l’esprit.
La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale.
J’affronterai ma peur.
Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien.
Rien que moi.
L’ampleur de ce diagnostique est inattendue pour moi.
Car oui, c’est vrai, à force de lire sur la douance pour aider mes enfants, j’avais fini par reconnaitre quelques unes de mes caractéristiques.
Mais c’était sans compter sur mes potes ‘Syndrome de l’imposture’ et ‘Effet Barnum’ qui m’empêchaient d’y croire sérieusement.
J’étais donc loin d’imaginer que mes capacités mentales et émotionnelles soient même bien au dessus du fatidique 130.
Au delà d’un certain ravissement (même si je n’y suis finalement pour rien), cette nouvelle m’apaise, me réunit.
Ne vaut-il pas mieux être de ce coté de la courbe de Gauss que de l’autre ? Quoique « Heureux, les simples d’esprit … »

La restitution des résultats du WAIS IV a été comme un grand coup de batte de baseball à travers la gueule : si ce genre de nouvelle est la découverte d’un diamant brut à l’endroit d’un enfant, la question du ‘Haut POTENTIEL’ ou du ‘Surdouement’ se pose différemment chez l’adulte :
« Qu’as-tu fait de ton talent ? »
Sur le plan du vocabulaire, je préfère donc le sigle APIE – Atypique Personne dans l’Intelligence et l’Emotion, de Jean-François Laurent, au terme (Très) Haut Potentiel.
APIE représente mieux la complexité des caractéristiques mentales de ces personnes.
Ce nouveau morceau du puzzle n’est qu’une indication sur le chemin de la connaissance de soi.
Du coup, nombre d’impasses s’illuminent. Je revisite le passé sous ce nouvel éclairage pour comprendre certaines réactions, certaines difficultés.
La culpabilité face à quelques habilités s’évanouit. C’est donc pour ça que j’avais l’impression de tant m’ennuyer, un besoin dévorant de bouger, de tout comprendre et de remplir l’espace. Mon insatiable et fatigante curiosité est donc explicable. L’injustice qui me heurte tant aussi. Et les innombrables masques que j’ai portés avec la grande fierté du caméléon. etc
La difficulté de jongler avec des codes sociaux étranges pour se faire accepter (voire aimer) n’était donc pas un effet de mon cerveau ‘malade’ mais une réalité de l’incompréhension des us.

Même le raz de marée émotionnel est normal dans ce référentiel.
Dans cette quête de la personnalité profonde au sens de Nietzsche « Deviens qui tu es », j’avais déjà découvert que l’hypersensibilité considérée à juste titre comme un handicap durant mes études et en entreprise était en réalité un super-pouvoir, très utile socialement mais délétère, pour nuancer mes propos sous le filtre de ce que mon interlocuteur voulait entendre.
Apprendre la diplomatie ou à être faux-cul selon l’angle d’observation ! Mais uniquement dans le but de soutenir mes propres desseins.
Depuis ces 10 dernières années, canaliser le don de l’hyper-sensibilité par le biais de l’empathie est vraiment devenu ma force.
Il me permet d’être en phase avec ce que ressentent mes enfants, me poussant à remettre en question les certitudes du parent-éducateur pour trouver ce qui leur est vraiment adapté pour s’épanouir.
Il me permet d’aider mon entourage à vivre ce qu’ils ont à vivre, à les rassurer.
La méditation m’a même apporté une nuance de plus : la compassion.
A moi donc de transformer ces capacités en atout, de basculer dans l’action plutôt que de m’engluer dans une inerte cérébralisation, de trouver ma place et surtout …
… d’utiliser ces dons pour rendre la vie plus belle.

Mais soyez rassurés, l’univers conspire pour m’éviter de prendre la grosse tête. Les emmerdes ne m’épargnent pas :
– L’impuissance à aider Little Big Brother qui s’enfonce un peu plus chaque jour, depuis le début de l’année.
– Les AVC à répétition de ma grand-mère et les blessures de Mummy à ce propos.
– Le vol avec effraction de la moto d’Ange et des vélo et trottinette des enfants (on ne parle plus du mien, volé en 2014).
– Les difficultés de Petit Biloba avec les implicites de l’école.
– Des revenus familiaux en deçà de notre niveau de vie, malgré une approche plutôt minimaliste,
– et ce matin au courrier un PV de 135 euros …
M’en fou tant qu’émane amour et compréhension de notre premier cercle familiale et que la santé nous protège !
Le règne de la peur (de ne pas être à la hauteur) est donc révolu.
Débute celui de l’intention.
Si ça vous intéresse, je vous raconterai pourquoi postuler à Mensa était peut-être la moins chère mais surtout la plus inappropriée des démarches d’évaluation psychométrique.
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Les visuels sont issus du blog Au royaume d’une Aspergirl.
*Sur la toile la citation de Marianne Williamson est injustement (si l’on s’en tient aux documents du Congrès national africain) attribuée à Nelson Mandela lors de son intronisation à la présidence de la République de l’Afrique du Sud, 1994.

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