Déçu, je poursuis mon chemin sans savoir où j’allais. Je n’avais ni buts, ni aspirations, ni obligations. L’existence avait un affreux goût d’amertume. Je sentais l’écœurement, qui montait en moi depuis longtemps, atteindre désormais son paroxysme. J’avais l’impression d’être exclu, rejeté par la vie. Pris de rage, je me mis à courir à travers la ville grise où semblait partout flotter une odeur de terre humide et d’enterrement.
Hermann Hesse, Le loup des steppes
p114 – Le livre de poche – Edition 19 – Août 2013
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