Les voilà qui s’éloignent.
Un soupir d’aise m’envahit en pensant à ces prochains jours de liberté.
Et puis, très rapidement le pincement au cœur se fait sentir.
Ginkgo (8 ans et 6 mois) était impatient. Il est grand maintenant et partir lui fait des vacances loin de ses parents !
J’en suis ravie.
Petit Biloba (3 ans et presque 1 mois) me glisse qu’il n’a pas envie que je parte. Cependant très rapidement, la perspective d’être entouré de ses cousines le convainc d’aller vivre sa vie.
Parfait !
Que de chemin parcouru depuis 4 mois …
Après l’abominable mois avec Nounou Palabre qui pris fin les premiers jours d’octobre 2014, je ne souhaitais plus confier Petit Biloba.
Non, non, lâchez votre certitude.
Ce billet n’est pas celui d’une mère atrocement fusionnelle.
Simplement réaliste.
Qu’on se le dise, Petit Biloba est un enfant dominant mais particulièrement sensible.
En pleine phase de construction, il a besoin qu’on l’aide à canaliser ses émotions plutôt que de le briser pour le faire rentrer dans le rang.
La pédagogie positive fait des miracles avec lui.
Mais qui va enfin comprendre cela ??
Dans ces conditions, impossible de partir pour le grand voyage prévu avec Ginkgo, en oct-nov 2014, ni de mettre à profit mon tout frais diplôme.
Ce fut escapade avec mes deux garçons et arrosage maison pour bien faire pousser Petit Biloba.
A force de bienveillance, de rigueur, et de défoulement (rien de tel que la draisienne au parc), Petit Biloba s’est apaisé.
A l’écoute de son développement, les ‘péïmés’ se sont transformés en ‘dessins animés’, la ‘bboteck’ est devenue ‘bibliothèque’ …
… mais les ‘gradons*’ restent encore un peu comme ça, parce que c’est trop joli !
Dès mars, la ‘Mission Ecole’ vient titiller mon devoir.
Objectif : Réintroduire en douceur la collectivité dans la vie de Petit Biloba pour le mener à être à l’aise avec les règles du ‘bien vivre ensemble’, avant d’être plongé dans le grand bain de l’école (même Montessori).
Puisque la ‘crèche à concept’ alias Crèche Bleue a galvaudé sa mission, pourquoi ne pas simplement se tourner vers la crèche du coin de la rue ?
Cette ‘Crèche Insoupçonnée’ et à taille humaine s’est révélée bienveillante et détendue avec Petit Biloba, considérant que le peps de ce petit et la non-envie de partager les jouets sont complétement naturels pour son âge.
Pas de culpabilisation … mais de la fermeté bienveillante.
Hourra, hourra !
Même s’il n’a pu commencer que fin mai 2015, à raison de 2 demi-journées par semaine, il a intégré en douceur les règles fondamentales du groupe.
Enfin de vrais professionnels de la petite enfance !
Une expérience positive qui fait briller ses yeux et rend Petit Biloba souvent très enthousiaste.
Les belles phrases dont il nous gratifie ont également énormément pacifié Petit Biloba.
Le langage est décidément la clef pour Petit Biloba.
L’enfant est toujours plein d’énergie. Il le sera probablement toute sa vie.
Mais nous pouvons aisément le laisser courir sur le trottoir sans peur qu’il déboule sur la route. Son affection est débordante. Disparues les frustrations de toute sorte qui neutralisaient sa raison. Certes, il se couche encore un peu tard, mais passe des belles nuits entières et calmes. Fini les cacas dans la couche, tout part direct aux toilettes.
Que des détails pour vous, mais pour nous, ça veut dire beaucoup !
C’est alors que nous le laissons aux bons soins des 4 grands-parents pendant notre voyage au Vietnam.
Les retrouvailles sont ensuite d’un grand bonheur mais l’enfant s’est transformé en « vrai petit tyran », selon les propres mots de Belle Maman.
– Comment ? Mais il ne faut pas tout lui passer.
– Oui mais sinon il crie
– Et bien il y a plein de moyens pour le soulager, mais céder à tout bout de champs ne lui rend aucunement service.
Je ne peux pas le croire !
Comme le sentiment que tout ce qui a été accompli depuis des mois avec Petit Biloba s’est évanoui en quelques jours.
« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage! »
Récupéré mi-juillet, il a fallu un mois entier pour recadrer Petit Biloba par la rigueur et la compréhension.
Petit Biloba a cessé de harceler son frère.
Il a même fait sa première nuit sans couche et sans l’ombre d’une humidité, hier.
Quelle poésie, les sujets qui touchent les parents !!
Or le voilà qui y retourne …
Au secours !
La vraie raison de mon pincement au cœur se dévoile :
La peur m’assaille à l’idée que ses grands-parents ‘nourrissent encore le Mogwaï après minuit’.
Ce sont les 15 derniers jours avant sa toute première rentrée des classes.
Imaginez-vous un Gremlin entrer en petite section de maternelle ?
Pourvu donc que ses papy et mamie tirent les leçons du séjour précédent et suivent sans broncher le petit ‘Guide du Petit Biloba en Société’ que je leur ai concocté pour les aider à suivre la ligne directrice qui permet à l’enfant de garder les bonnes habitudes de l’école.
Prions mes frères !
Gradons* = Dragons en langage Petit Biloba





Bulle,
J’entends bien le point de vu de grand-parent.
D’ailleurs, je suis la première à penser que les enfants doivent voir autre chose que la petite vie de leurs parents. Cela leur ouvre l’esprit et les rend enthousiastes. Seulement cela s’applique aux âges où les enfants ont stabilisé leur caractère.
Par ses réactions à la frustration, Petit Biloba manifeste/ait une souffrance. Le remplir de bonbons, desserts et autres cadeaux lorsqu’il fait une crise ne résout rien, bien au contraire. Cela amplifie le phénomène.
Pratiquer ainsi parce que l’on ne sait pas faire autrement, je peux imaginer même si j’estime qu’il faut faire appel à son bon sens. Mais faire absolument l’inverse de ce que préconise le parent. Cela relève de la connerie, voire du conflit gratuit.
D’autant que de ce fait, ces grands-parents là ont vécu de déplorables vacances littéralement bouffées par un petit tyran.
Suite à cette difficile expérience de juillet et en leur mettant par écrit les comportements clefs qui fonctionnent avec Petit Biloba, les grands-parents dont on parle ont suivi nos conseils, cette fois.
Oh miracle, leurs 15 jours passés avec Petit Biloba ont été beaucoup plus paisibles et agréables.
Du coup, pas besoin de recadrage au retour et une entrée à l’école très sereine.
Merci à eux de nous avoir fait confiance !
Mais pourquoi ne nous écoutent-ils pas dès le début ??
Ils avaient fait exactement pareil avec Petit Ginkgo qui était, en ce temps là, le roi de la crise apnéique !!
Je vais te dire que le rôle des grands-parents est quasi aussi difficile que celui des parents dans la mesure où il faut vraiment être en phase avec le mode d’éducation des parents pour justement qu’au retour des enfants il n’y ait pas de souci de « rattrapage » d’éducation, en sachant aussi que les enfants tentent systématiquement de faire ce qui est défendu chez les parents, des fois que ça marche!!!!!!!!ceci pour Petit Biloba, Petit Ginkgo est maintenant à l’âge où il peut profiter tranquillement des vacances sans ses parents…..
en attendant , savourez la tranquillité avant la rentrée…