Vue la folie meurtrière de ces derniers temps, tout ce que j’aurais à dire à propos de notre insignifiant quotidien ne serait que bouillon insipide.
Vous ai-je dit que l’empathie me fait chialer à chaque fois que j’aborde le sujet de ces tueries ?
Pourtant j’aurais bien quelques avis à partager avec vous, a fortiori (Caps n’a volontairement pas manifesté, ni cédé au slogan « Je suis Charlie ») mais aussi a posteriori :
En effet, ces temps troublés ont au moins le mérite de laisser de la bande passante aux écrits et témoignages fort instructifs, commis par des analystes et spécialistes de terrain s’en remettant plus à leur jugement et à leur expérience qu’à l’hystérie collective.
Quand les millions de gens lirons pour la première fois CHARLIE HEBDO,
ça va piquer!
Je ne peux croire que ce soient les mêmes 3,5 millions de personnes déversées dans les rues de France par un incroyable élan cohésif, au nom de la ‘Liberté d’Expression’, qui s’adonnent à l’incivisme envers des kiosquiers et buralistes pour obtenir leur propre petit morceau d’Histoire caricaturée (qu’ils utiliseront dans 6 mois pour nettoyer la litière du chat) plutôt que d’attendre quelques jours ou d’envoyer un don altruiste à un journal, hier moribond, tant dédaigné et controversé par les mêmes biens-pensants qui le portent aux nues aujourd’hui !
Et je ne parle pas de ceux qui en profitent pour se faire des couilles en or, en revendant des quantités démesurées du fameux ‘Charlie Hebdo des Survivants’, à un prix indécent, dans la rue ou sur le net !
Au delà du choc de ces insupportables exécutions (drames insurmontables à l’échelle d’une famille), des questions profondes se posent sur les réels fondements de la radicalisation occidentale religieuse et en particulier islamique, son objet, son mécanisme et comment la France l’encourage par l’immobilisme du désintérêt.
Et là, je parle moins du renseignement et de la politique anti-terrorisme (aujourd’hui pourtant essentiels) que de travailler sur la ghettoïsation et le développement à grande échelle de l’activité d’éducateurs et d’associations se dédiant à la fameuse jeunesse sensible. L’idée est de développer du Sens en leur vie et l’espoir en l’avenir par le sport, le dépassement de soi ou les projets de réalisation collective, en parallèle d’une école à la pédagogie rénovée.
Si à ce stade, il y a besoin de protection et de justice, l’avenir français n’en sera délivré que par la prévention, le respect et une instruction adaptée.
Je m’interroge aussi sur les flux de l’information qui font grand cri quand 17 personnes meurent anormalement dans le monde dit « libre » alors que les massacres perpétrés par Boko Haram au Nigeria et le génocide qui sévit au Congo ne débordent pas de la presse spécialisée.
Mais que puis-je développer avec un seul neurone résiduel
après 15 jours d’un virus grippal tousseur à la limite de l’étouffement ?
Nota : Sociologiquement, ce we a montré que les français n’attendaient qu’une cause valable pour se mobiliser, se rassembler derrière elle. Mais quelles sont réellement leurs capacités d’implication et leurs aptitudes sur le long terme ?
« Espérons que la beauté et la dignité de cette marche se convertisse en actions politiques. L’avenir nous le dira. Il faut l’espérer. »
Sylvain Tesson, Interview RTL 15-01-2015
A lire aussi : Charlie Hebdo

Tout à fait d’accord.
Dimanche Djamel Debbouze a étayer exactement ce que je disais plus haut sur le fait de redonner de l’espoir, du respect et de l’instruction à des enfants perdus …
http://videos.tf1.fr/sept-a-huit/attentats-le-cri-d-alarme-de-jamel-debbouze-dans-sept-a-huit-8548969.html
Si seulement, ces troubles pouvaient être suivis d’actions concrètes de construction.
Si les media ne se faisaient pas la tribune officielle des terroristes, ce serait sans doute mieux à tous égards.