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Martin Hirsch #2

Toutes celles et tous ceux qui se sont engagés peuvent témoigner de la sensation irremplaçable que procure l’engagement. Aussi, je ne résiste pas à partager avec vous cette lettre, reçue à la fin de l’année 2012 :

« Profession : euh … Ça c’était avant … Avant que je ne devienne volontaire en service civique. Pour mieux comprendre, il faut revenir quelques temps en arrière. Septembre 2011. 21 ans. Vingt et un ans ? Oui, vingt et un ans que je suis paumée professionnellement, Vingt et un ans qu’à la question : « Que veux-tu faire plus tard ? », je ne sais que répondre. Oh, bien sûr, j’ai parfois eu quelques idées de métier en tête mais elles ne sont jamais restées bien longtemps. Institutrice, peintre en bâtiment, journaliste … envolées, les unes après les autres. Une seule a su garder sa place : depuis l’enfance, je suis persuadée qu’un jour je changerai le monde. Mais en attendant de pouvoir jouer les super-héroïnes, il faut trouver autre chose.

Vingt et un ans que je suis le mouvement. « Tu as des capacités, fais donc des études. » J’accepte, je collabore au système, même si mon inconscient, à sa manière, réussit à s’opposer quelque peu au chemin tout tracé par la société. Septembre 2011, je frappe à la porte de ma mission locale. En attendant un stage, on me propose de postuler pour une mission de service civique. Je ne connais pas, on m’explique. J’accepte. Après candidature, je suis retenue et le 26 décembre 2011, encore fatiguée du réveillon de Noël, je fais mes premiers pas en tant que médiatrice chargée de favoriser la prise en compte de la parole et la participation des jeunes au service de leur insertion.

Dix mois de mission. Accompagnement d’un groupe de jeunes dans la réalisation d’une enquête filmée sur le développement durable en pays de Dinan, création d’une page Facebook et animation d’un atelier sensibilisant aux risques et atouts des réseaux sociaux, appui à la conception de différents supports de communication. Je découvre, j’apprends, je reçois … mais surtout je vibre, je vis. Pour la première fois en vingt-deux ans, j’ai le sentiment que ma place se trouve ici. Pour la première fois en vingt-deux ans, je peux enfin répondre à la question : « Que veux-tu faire plus tard ? »

Dix mois pendant lesquels je découvre que ce service civique prône toutes les valeurs auxquelles je crois depuis des années : engagement, respect, écoute, partage, solidarité, etc. Je prends pleinement conscience de l’importance de mon statut et porte avec fierté mes valeurs.

Parallèlement à mon service civique, je dois faire face à deux drames. Deux amis s’en vont, l’un par choix, l’autre par destin. Je réalise alors combien la vie est courte, précieuse, et l’importance d’en faire quelque chose de beau et qui en vaut la peine. Être volontaire en service civique à ce moment-là m’aide et me donne la force d’avancer pour crier au monde ces valeurs que j’espère garder à vie.

Aujourd’hui, je n’ai pas le sentiment d’avoir suivi le système mais d’avoir suivi ce que je suis vraiment …

Aujourd’hui, mon costume de super-héroïne de service civique sur le dos, je change le monde à ma manière … »

Décidément, ceux qui parlent le mieux de l’aventure de l’engagement sont ceux qui l’ont vécue …

Martin Hisch, L’Aventure pour quoi faire ?
(Points – Aventure, Avril 2013, p101)

 

 

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